Robert Ottaviani se diversifie

Après une mutuelle réservée à la police et une association pro-frontiste sur Bordeaux, on retrouve Robert Ottaviani chez Ménard à Béziers avec une « mutuelle solidaire » proposée par Traditia…

Cette entreprise a plusieurs activités telles que l’immobilier, écurie hippique, ou le conseil en gestion de patrimoine.

Une newsletter de cette société date l’arrivée de Robert Ottaviani à la tête de Traditia Entreprises en 2010 :

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Capture d'écran du site de la société Traditia : présentation de l'équipe.
Capture d’écran du site de la société Traditia : présentation de l’équipe.

Il fut cité par Yves Bertrand lors de son audition dans le cadre du rapport d’enquête parlementaire sur le DPS de 1999. Rédacteur en chef du journal interne « Le lien », son appartenance à la mouvance néo-nazie était évoquée.

« S’agissant ensuite de la mouvance néo-nazie que l’on trouve parmi les supplétifs, je citerai, pour mémoire, M. Camdessousens, gardien de la paix qui dirigeait des mouvements néo-nazis alsaciens, tels que le Cercle national socialiste, devenu le HVE (Heimattreue Vereinigung Elsass), et dissous en 1993. Je citerai encore M. Robert Ottaviani, rédacteur en chef du journal du DPS, Le Lien, qui appartient à la mouvance skinhead, et M. Régis Kerhuel, aujourd’hui en prison pour le meurtre d’un Mauricien…. »

L’individu s’était également fait remarquer à Vitrolles en 2011 et sa proximité avec les représentants d’un syndicat de la police municipale avait été dénoncée par un blogueur local.

Son parcours militant est décrit dans cet article de Reflexes à relire en entier pour le contexte.

Extrait :

« Le journaliste y rappelait le passé relativement sulfureux de Robert Ottaviani qui, au début des années 1990, militait dans la mouvance skinhead et fut le chanteur d’un groupe de RAC (Rock Against Communism) baptisé Ultime Assaut dont l’un des titres rendait hommage aux volontaires français de la LVF qui combattirent avec les Allemands sur le front de l’Est à partir de 1941 [5]. Connu seulement de ceux qui suivent de très près la mouvance nationaliste, le militant était en fait visé pour son rôle dans les réseaux de soutien à Marine Le Pen. Le début de l’automne 2008 avait en effet vu la création d’Energie Bleu Marine, un réseau de soutien à l’action politique, à la personne et à la candidature élyséenne de la vice-présidente du FN [6]. Or cette association était présidée par l’ancien militant FN puis MNR Robert Ottaviani dont l’itinéraire politique était chargé : secrétaire départemental FNJ de l’Essonne puis directeur national adjoint du FNJ de 1993 à 1996, bras droit de Samuel Maréchal, tout en étant rédacteur en chef du Lien, bulletin interne du DPS ; fâché avec Maréchal, Ottaviani était devenu administrateur provisoire du MNJ et était intervenu à ce titre lors du meeting du Front de la Jeunesse en février 1999 ; le délitement du MNR l’avait vu revenir lentement au bercail lepéniste au cours des années 2000. À peine l’association venait-elle d’être portée à la connaissance du public (et notamment sa branche girondine, Bordeaux Bleu Marine, fondée par le même Ottaviani) que l’article de Christophe Forcari venait torpiller l’initiative en compromettant la stratégie de dédiabolisation et de lissage que la fille Le Pen entend mettre en œuvre depuis 2002. Le journaliste ironisait d’ailleurs sur « les nostalgiques de la Seconde Guerre mondiale qui ne la lâchent pas d’une semelle ». À l’évidence C. Forcari répercutait ainsi une information que des gens bien intentionnés lui avait fait passer. Mais qui ? Plusieurs mouvances pouvaient à vrai dire avoir intérêt à torpiller l’initiative Energie Bleu Marine et Robert Ottaviani. La plus évidente est bien sûr la mouvance pro-Gollnisch, bien décidée à barrer la route de la direction du parti à la fille Le Pen. Mais il en est une autre avec la mouvance regroupée à l’époque derrière Alain Soral, alors en pleine phase d’incrustation au FN , et qui voyait d’un très mauvais œil les contacts entre Marine Le Pen et les Identitaires. Or Robert Ottaviani entretenait de très bons termes avec le Bloc, ne serait-ce que par le biais de Fabrice Lauffenburger, ancien lui-aussi du groupe Ultime Assaut et alors dirigeant de Jeune Alsace, mouvement associé à Alsace d’Abord et au Bloc Identitaire. Il aurait donc pu servir d’intermédiaire dans un approfondissement du « pacte de non-agression ». À l’époque ce fut cette origine de la fuite qui fut soupçonnée par Marine Le Pen et les Identitaires et en particulier Christian Bouchet et Laurent Latruwe. Pour notre part, nous ne saurions trancher. »