• Abus et dérives du petit chef d’ATTAC Besançon

    Un mail reçu il y a quelque temps sur une boite que je n’utilise plus et consulte de façon très occasionnelle m’avait beaucoup énervé.

    A la base, je déteste le spam et les spammeurs.

    conf apic besac

    Il s’agissait d’une invitation à une conférence organisée par le MAPIC dans un centre diocésain qui contenait des mots qui provoquent chez moi un sentiment de répulsion immédiat : « unité avec la terre » « écospiritualité » « transformation intérieure » « centre diocésain ».

    Dans un premier temps je me demande comment une secte de merde a pu avoir mon adresse pour m’envoyer ce truc.

    3 clics plus tard je constate que le MAPIC est une association des disciples de Pierre Rabhi.

    Ensuite j’hallucine totalement en constatant que ce message a été relayé par une liste de diffusion de rezo.net, et surtout, je ne me suis jamais inscrit à cette liste de diffusion.

    J’envoie donc un mail rageur à l’expéditeur en expliquant que ne souhaite pas recevoir d’invitations à des événements ésotérico-new-age à la con et que j’exige qu’il me retire de sa liste à laquelle je n’ai jamais demandé à être inscrit.

    Cadre militant ou pas, ce type de pratique est un abus, inscrire sans leur demander des gens à une liste est contre toute éthique et relève de la malveillance.

    Voici la réponse que j’ai reçu :

    fumierdebrugvin

    Donc j’ai effectué des vérifications :

    le mail de l’administrateur de la liste est disponible sur la page de présentation de la liste.

    fumierdebrugvin2

    C’est Thierry Brugvin.

    C’est donc bien lui qui a diffusé cette invitation à ce truc ésotérico-new-age à la con, même s’il n’est pas l’auteur du mail, cette liste étant modérée, il l’a au moins validé.

    Les archives des messages de cette liste sont consultables, mais comme par magie, ils ont disparu…

    Si mon adresse s’est retrouvée dans cette liste, c’est parce qu’il a pour habitude de récupérer les adresses sur d’autres listes militantes et de les utiliser par la suite pour son usage personnel.

    J’avais déjà été confronté aux pratiques manipulatrices et malhonnêtes de Thierry Brugvin à l’occasion d’une tentative de faire venir Etienne Chouard à Besançon.

    A l’époque, nous avions eu de vifs échanges et le chefaillon local D’ATTAC s’était illustré en diffusant des versions tronqués de ces échanges afin de me soumettre à la vindicte de ses militants.

    Il semble donc coutumier de ce genre de coup tordu.

    Il faut savoir que Thierry Brugvin a un égo proportionnel à son bagage universitaire, à ce titre, il n’accepte pas qu’un vulgaire antifasciste le mette face à ses errances de comportement.

    Au passage, la lecture de ses blogs est assez singulière : on notera que M Thierry brugvin parle de lui à la 3ème personne et que sur deux liens de référence, l’un est le site d’ATTAC l’autre un site conspirationniste de mercenaires de la propagande, avec bien sûr Thierry Meyssan en star (mondialisation.ca).

    Mais Thierry Brugvin n’est pas que docteur en sociologie, son attrait pour l’écospiritualité  et la révolution intérieure l’a amené beaucoup plus loin, c’est aussi un artiste néo-chamanique !

    Afin de ne pas mettre de camarade dans l’embarras, je ne vais pas évoquer son comportement « sur le terrain » qui est à l’image de ce qui est décrit ci-dessus.

    Il me semble alarmant qu’un individu aussi peu scrupuleux puisse continuer à administrer un service hébergé par rezo.net, les dérives de son utilisation démontrent qu’il n’est pas dans l’esprit de ce portail militant.

    Thierry Brugvin est l’illustration parfaite du problème ATTAC, l’ancrage au réseau Voltaire de Meyssan et donc sa tolérance envers l’extrême droite, les dérives sectaires des disciples de Rabhi, sans parler de l’imposture du titre d’anticapitaliste, ATTAC n’est pas contre le capitalisme, elle veut le rendre « humain » (sic).

    D’ailleurs quand Thierry Brugvin découvre facebook, c’est pour y poster des liens vers une vidéo montée par un groupe d’extrême droite hébergée sur un site en campagne pour le révisionnisme ou un lien vers le site des chasseurs d’illuminatis et reptiliens wikistrike.

    Thierry s’informe dans les poubelles du web et en assure la promotion.

    brugvinfumier4

    thierrybrugvinfumier5

    Peut être que la prochaine étape du parcours de Brugvin sera de publier un bouquin chez Jean Robin comme son ami Frédéric Viale ou participer à l’université d’automne de l’UPR…

    thierry-brugvin-2-
    On dit de lui « il est gentil mais relou »…


  • Encore une démonstration

    De la nocivité des sites prétendant ré-informer le public ou se revendiquant du journalisme citoyen.

    Le dernier article de Conspiracywatch mentionne notamment les sites Agoravox, Les moutons enragés, le cercle des volontaires, Agence info libre,  ou Mondialisation.ca comme premières sources de diffusion d’une vidéo révisionniste sur le génocide du Rwanda. Cette vidéo a été réalisée par Blanrue et Teil présentés dans l’article comme collaborateurs de Thierry Meyssan mais c’est un peu léger.

    Paul-éric Blanrue n’en est pas à son coup d’essai en matière de révisionnisme. Il a également travaillé pour Robert Faurrisson comme secrétaire particulier et au delà d’avoir produit un film sur lui, faurrisson le considère comme son héritier, son fils spirituel.

    Julien Teil, passé par exemple par égalité et réconciliation de soral, présenté par les sites de cette mouvance comme journaliste indépendant, mérite, comme Thierry Meyssan, le titre de mercenaire de la propagande puisqu’il loue ses services de communicant à des dictatures sanguinaires. On retrouve son oeuvre sur une multitude de sites, son nom peut même être utilisé pour mesurer le degré de crédibilité d’un site : s’il apparaît, vous êtes bien dans les poubelles du web.

    Alors, quand l’ancienne génération de militants de « gauche » t’insulte de petit con avec une condescendance et une suffisance certaine lorsque tu les apostrophes car il s’acharnent à  pourrir la tête des gens en diffusant les « analyses » géopolitiques de Michel Collon, j’ai envie de distribuer des baffes.

    Collon a été chercher, entre autres,  Blanrue pour pondre une merde de bouquin sur « la vérité sur Israël ». N’importe quel individu normalement constitué jouissant d’un cerveau en état de marche et suffisamment documenté ne peut que prendre Collon pour un fumier, un individu mal-intentionné. Et certainement pas se servir de la bouillie qu’il diffuse comme une analyse pertinente et objective, encore moins se faire le vecteur de sa diffusion.

    Et bien pourtant, pour une partie de l’ancienne génération de « gauchistes », le réseau Voltaire de Meyssan comme le site de Collon restent des références, mixés et mélangés avec des sources honnêtes.

    yeti

    liens-yeti

    Et il est impossible pour des gens comme Patrick Tillet aka @yetiblog, d’accepter une quelconque critique ou d’envisager une remise en question. Et le plus navrant dans ce phénomène est que, par effet de meute, aveuglement, certains comme @rueaffre viennent t’insulter tout en avouant qu’ils ne comprennent pas de quoi tu parles.

    yetimongolien

    thierrygbertin

    On pourrait croire que prendre de l’âge est synonyme d’acquérir de l’expérience ou de la maturité, malheureusement, on en est loin dans ces cas-là…

    Je ne me demande même pas quel déclic pourrait les pousser à comprendre un peu de quoi je parle, je constate qu’ils ne VEULENT PAS comprendre de quoi je parle.

    Flic de la pensée ? Non, juste lucide et cohérent.

    A (re)lire sur le sujet :

    https://rebellyon.info/?Alerte-antifasciste-Maxime-Vivas

    http://contresubversion.wordpress.com/2011/09/06/lepopee-conspi-a-tripoli/

    Et ça, en passant, histoire de rire un peu :

    chouard1

     



  • La fachosphère, bonne cliente de Facebook

    Une nouvelle tendance se dessine depuis peu chez les dissidents-du-système autoproclamés qui semblent maintenant s’orienter vers des campagnes marketing afin de diffuser leur propagande fascisante.

    En deux jours, Facebook me propose deux « publications suggérées », une concernant les allumés antisémites « Debout les belges », une autre de l’écolo-facho Laurent Ozon.

    laurentlouis

    ozon

    Si de premier abord le fait que ces « rebelles du système contre la mondialisation mais surtout les juifs » filent des thunes à facebook, en totale contradiction avec la teneur de leurs propos, a de quoi faire sourire, ça n’en reste pas moins alarmant. Pour Facebook, symbole du capitalisme et emblème du lavage de cerveau, l’argent n’a pas d’odeur et ce n’est pas surprenant. Par contre, que ces gens dont la propagande se base sur le détournement du sens des mots et la ré-écriture de l’histoire fassent le choix d’investir ce support, c’est un peu plus alarmant.

    Quelles conclusions en tirer ?

    La démarche est cohérente en terme de stratégie, Facebook, royaume du degré zéro de la culture et de la raison est un vivier de choix pour faire passer des concepts tordus et malhonnêtes. De plus, la viralité de la propagation des liens étant proportionnelle à l’absence d’esprit critique des utilisateurs, on peut estimer que cette stratégie va être fructueuse.

    Pendant qu’en face, le camp de « gauche » s’acharne à s’enfermer dans des modèles militants des années 80 ou, par absence totale de compréhension ou un amateurisme navrant, fait le jeu de ses adversaires via une utilisation débile des réseaux sociaux, on peut légitimement penser que la fachosphère va marquer des points.

    Attention, je ne prétends pas qu’il faut se mettre à acheter des pubs sur Facebook, mais il serait peut-être temps d’écouter ce que les gens qui tirent la sonnette d’alarme ont à dire.



  • Tentative d’explication : pourquoi je m’énerve contre la page facebook du PG Savoie

    Ou de l’usage du net et des réseaux sociaux à des fins militantes : étude de cas.
    Après de vifs échanges hier sur twitter, je le reconnais, il est contre-productif de rentrer brutalement dans les gens. Il en découle un blocage et de l’incompréhension qui font que le message ne passe pas.
    Je vais tenter de poser les choses clairement.
    L’extrême droite l’a bien compris, les affiches et les tracts génèrent de nos jours moins de visibilité que le cyber-activisme qui touche un public plus nombreux et plus large. Elle avait de l’avance sur ce champ et l’explication est assez simple, il était plus confortable pour elle de dispenser des idées racistes en jouissant d’un anonymat relatif et sans risquer de se faire envoyer ses tracts à la figure ou de se prendre des tartes, c’était moins risqué.
    Malheureusement les temps ont changé, mais ce n’est pas l’objet de ce billet. Quoi qu’il en soit, on peut admettre qu’en 2014 un groupe facebook de soutien à un bijoutier qui tire dans le dos d’un gamin suscite plus d’adhésion qu’une affiche FN collée au fond d’une zone industrielle.
    Il semblerait incongru pour un militant de gauche d’inclure des articles du journal « Minute » dans ses tracts ou d’aller coller des affiches FN. Pourtant, on peut en observer l’équivalent sur le net, sans doute par manque de discernement ou méconnaissance des rouages du net et de son utilisation.
    Lorsque l’on pointe du doigt une publication gênante, la réponse la plus courante est « c’est le contenu que je partage, je ne suis solidaire en rien du contenant ou de l’auteur ». Seulement les choses ne sont pas si simples. Le net est fait de machines et sans rentrer dans des détails trop techniques, il est pourtant facile de comprendre qu’un robot qui scanne des pages web pour google dans le but d’annexer des contenus, n’est pas construit pour vous demander si vous avez atomes crochus avec l’auteur ou son site marqué bien à droite.
    Par exemple, en exagérant pour la démonstration : un jardinier passionné de races de tomates anciennes, pas du tout branché politique et pas du tout raciste, qui tient un blog sur ce sujet tombe sur un billet parlant de tomates sur un site tenu par les identitaires. Il décide de re-publier sur son blog ce billet en le sourçant ou non. De fait, même à son insu, ce jardinier va contribuer à participer à la diffusion de la source initiale, à savoir le site de propagande tenu par les identitaires.
    Sur le net et les réseaux sociaux, une information se diffuse de façon virale. Même en mettant de côté les problématiques de référencement, il semble difficile de l’ignorer.
    Sur twitter, un RT augmente de façon exponentielle la visibilité d’un tweet. Idem sur facebook lorsqu’on partage un statut. Un compte qui procède à cela devient un vecteur de diffusion du statut ou du tweet initial et contribue à donner de la visibilité à son auteur. Ce n’est pas moi qui le décrète, c’est comme ça. Cette règle peut également s’appliquer à une personne qui publie une vidéo sur youtube ou ailleurs où il débat, même  de façon, contradictoire avec un adversaire.
    Par exemple, quand Etienne Chouard (oui, je sais encore lui) publie une vidéo de débat avec un tordu (prenons Piero San Giorgio), même si dans le contenu de leurs échanges il démontre que les conneries de son interlocuteur sont fausses ou stupides, qu’il le veuille ou non, il est bel et bien un vecteur de diffusion des conneries de San Giorgio. (D’ailleurs c’est principalement ce que je lui reproche, je n’ai jamais accusé Chouard d’être un fasciste mais juste un idiot utile qui sert les plus tordus des fachos, par maladresse ou malhonnêteté).
    Revenons au cas du jour, la page facebook du Parti de Gauche Savoie.
    En remontant le fil des publications de cette page, on trouve, parmi le reste, des choses franchement inquiétantes et je m’interroge sérieusement sur les capacités de discernement de la personne qui l’anime :
    A/ le partage d’une photo publié par le compte mohamed.pgaulnay
    B/ le partage d’un statut du compte marine.jolivet
    C/ le partage d’un statut du compte pierre.sebe
    D/ le partage d’un lien posté par le compte seille.veronique
    E/ le partage d’une photo postée par le compte bill.lecocker.5
    et bien d’autres. Il n’est pas nécessaire de remonter jusqu’à la création du compte. Je vais toutefois ajouter la publication d’un lien pointant sur le site wikistrike, ce qui semblait anodin pour un de mes interlocuteurs d’hier soir.
    A/ Au delà du fond (un montage photo qui tape sur BHL) qui n’est qu’enfoncer une porte ouverte, partager le statut d’un compte qui semble nager dans la confusion, complètement obsédé par les juifs, publiant de façon frénétique des liens vers des sites de l’extrême droite la plus radicale ou des statuts du genre Cohn-bendit=pédophile me paraît particulièrement ubuesque.
    B/ ce compte est tenu par une militante UPR qui affiche clairement la couleur et poste des liens vers des sites ultra-libéraux ainsi que des liens pointant sur des sites d’extrême droite.
    C/ ce compte semble aussi nager dans la confusion la plus totale, il diffuse du pro-Dieudonné au milieu de sites écologistes, anti-NDDL, anti-racistes, mais aussi du novopress, du Chouard et du Balme.
    D/ le lien pointe sur de la bouillie de propagande pro-Dieudonné
    E/ photo assez anodine, un dessin qui tape sur Hollande, mais postée par un compte dont le dernier statut pointe sur les « moutons enragés » un site conspirationniste faisant la part belle à l’extrême droite.
    Et pour finir, concernant wikistrike, ce site qui n’est qu’une pompe à clics pour gogos qui traite par exemple des illuminatis, des reptiliens et encore une fois, diffuse allègrement des contenus d’extrême droite. Personne n’ayant un minimum d’esprit critique ne peut ne pas s’en rendre compte.
    Alors, pourquoi, moi qui suit animé par une volonté d’entraver la progression des idées fascisantes dans l’esprit de mes congénères devrais-je me taire ? Pourquoi les militants sincères du parti de gauche refusent de reconnaître que ce type de page tenue par une section de leur parti pose problème ? Pourquoi ces militants préfèrent-ils tenter de discréditer les antifascistes plutôt que de former leurs camarades afin qu’ils cessent de faire de la merde ?
    Texte initialement publié sur Pastebin.


  • Rabhi : l’écogourou sur le chemin de Compostage

    La bienveillance médiatique à l’égard du phénomène Pierre Rabhi est assez surprenante. Le personnage n’est pas aussi lisse que l’image du poète paysan éloigné des choses matérielles qu’il nous donne à regarder ou entendre. « Je ne veux pas être un gourou », écrit-il sur son blog, immédiatement contredit dans les commentaires qui suivent ce billet, réactions qui oscillent entre adoration béate et remerciement extatique, tout esprit critique semble s’être évaporé devant tant de spiritualité. Le billet suivant, idem. Les autres billets n’ont plus de commentaires, cela faisait sans doute trop courrier des lecteurs pré écrit.

    http://www.pierrerabhi.org/blog/

    A comparer avec cet entretien dans l’Huma, où cette bienpensance naturaliste se métamorphoserait presque en icône subversive : http://www.humanite.fr/pierre-rabhi-toute-demarche-qui-construit-de-lautonomie-est-insurrectionnelle

    Le fantôme de Sankara passe, ça se finit avec « La modération devient un fondement puissant de l’organisation d’un monde futur. Avec elle, le capitalisme a du souci à se faire » La vache, il sait donc aussi s’adapter à son public ! Un peu plus léger, le site de Colibris, le «mouvement politique» de Pierre Rabhi, vous donne une étrange impression d’invitation au consumérisme, systématiquement à chaque page, ce bandeau vous attire le regard.

    Sur l’ensemble des cases liens qui vous est proposé, la moitié vous incite à l’acquisition des produits dérivés Pierre Rabhi ; livres, CD, DVD…http://www.colibris-lemouvement.org/ Une vous conseille même très fortement de changer de banque pour le crédit coopératif -filiale de la banque populaire- qui est un des principaux bailleurs de fonds du système Rabhi. Le reste est complété par des sortes de fiches pratiques : la démocratie tirée au sort, manger bio, consommer maigre, monnaie locale, avec de nombreuses adresses. L’écolo de base y apprendra peu, mais le novice pourrait être motivé par cette simplicité textuelle donnant l’impression que c’est facile de s’y mettre. Un compte rendu –light et sans sel- des initiatives des colibris est là aussi, et semble démontrer un éveil des consciences partout dans le pays. Pas vu.

    Pierre Rabhi apparaît dans le consistant Bastamag, site peu suspect de complaisance journalistique et de bonne tenue, et pourtant.

    http://www.bastamag.net/S-initier-a-l-agroecologie-mode-d L’article est très positiviste, parle bien d’initiation à l’agroécologie, que le lecteur perçoit comme une sorte de jardinage écolo, la portée sociale est absente. Les vidéos attestent de ce coté initiatique, assez bon enfant pour ne pas dire empreintes d’une certaine simplicité naturaliste. Le coté fiche pratique-conso des colibris réapparait.

    Dans les commentaires un lien : [A CONSULTER POUR BIEN COMPRENDRE L ESCROQUERIE RABHI]

    http://afis-ardeche.blogspot.fr/2012/09/humanisme-notre-visite-chez-des.html

    Là, nous sommes dans le dur. Le ton y est adverse et résolument contre, une asso pro OGM et plutôt productiviste tient le stylo, normal, hein, mais tout de même, le réquisitoire laisse des traces, je cite « Tout cela pour tout dire que la réalité, non seulement agronomique, mais aussi financière, est forcément un peu plus complexe que ce qui nous a été présenté. » J’arrête là, un Médiapartien traite déjà du sujet : http://blogs.mediapart.fr/blog/yann-kindo/280912/agroecologie-quand-bastamag-voit-ce-quil-croit

    Bon, on se doute bien un peu, beaucoup, que le mas de Beaulieu, de l’association « Terre et Humanisme » ne concurrence pas les productions beauceronnes, mais cette vision critique, même à charge, montre combien le bon sens et les bonnes volontés ne suffiront pas à valider que la décroissance est une évidence facile, un chemin aisé. Ce lieu semble être avant tout un outil de découverte promotionnel de cette utopie plutôt que sa démonstration réelle. Une ferme de ce type existe donc, alors qu’elle n’est clairement pas auto suffisante mais est présentée comme telle sur France Inter notamment. Elle produit peu, voire mal, le travail non rémunéré des stagiaires et bénévoles ne suffisent pas non plus à la rendre viable économiquement, d’où la nécessité d’apports financiers et de dons privés pérennes au petit artisan Pierre Rabhi, le crédit coopératif revient, mais aussi de riches entreprises.

    Il parait évident que son élan individuel initial vient au départ d’une démarche communautaire, « je m’isole du monde moderne pour prouver que je peux vivre sans lui sur une terre inhospitalière» dans l’Ardèche, ce n’est pas une rareté, c’était même assez couru dans les années 60. A quel moment a-t-il basculé vers ce leadership tout en douceur de la décroissance –concept pourtant plutôt raide quand c’est Jean-Claude Michéa qui cause par exemple-. Pourquoi les médias l’ont-ils élu lui, plutôt qu’un autre, on pourrait penser à un Paul Ariés, autre exemple.

    Mais non, Rue 89 assure aussi sa promotion et sa diffusion, parfois complaisante voire angélique, puisqu’elle nous vend aussi l’école privée de la fille de Rabhi, (2800 € l’inscription annuelle), sans compter l’accès induit à son village bio communautaire peuplé de retraités (…),http://rue89.nouvelobs.com/2013/01/11/chez-la-fille-de-pierre-rabhi-une-ecole-ou-ladulte-sadapte-lenfant-238499 et pas ouvert à toutes les bourses…mais sans doute très bien aux convaincus. http://www.bastamag.net/L-ecovillage-bati-a-l-envers-qui

    Dans quelques uns des liens cités plus haut, vous pourrez y lire des allusions ésotériques hilarantes ou teintées d’une religiosité précieuse, et surtout un curieux rejet systématique de la modernité dans son ensemble. Pierre Rabhi ne relativise jamais, ni sur le progrès -forcément- néfaste, ni sur la -forcément- parfaite harmonie de tout ce qu’il peut développer. Il vit et tricote son truc à coté de notre monde, ne le fréquente que pour y faire son modeste show, provoquer des financements ou des vocations de stagiaires ou de bénévoles qui lui demeurent nécessaires pour faire perdurer sa petite affaire à moindre coût. Ces rares apparitions seraient elles autant de vrais mirages, in fine.

    Le libéralisme, l’économie financière et le productivisme court-termiste peuvent ravager la planète, votre sort lui sera sans doute indifférent, puisque votre comportement en serait la cause. Seul salut, faut devenir comme son petit colibri qui éteint le feu avec sa goutte d’eau, et quand nous seront tous des mignons colibris tout ira bien, c’est simple, dit comme cela. Pierre Rabhi ne s’oppose pas, il ne construit pas de contre-pouvoir, il est à coté. De fait, il ne lutte pas, ni ne résiste, il s’éloigne juste, là ou il n’y a personne, signe à la rigueur quelques appels ou rejoint quelques tribunes.

    La crise systémique qui bouleverse les rapports sociaux, crée des inégalités intolérables, les excès de pouvoir des puissants, la domination de quelques uns sur les masses, ou même la géopolitique, seraient de notre responsabilité individuelle et par la même, la négation des pouvoirs à l’œuvre. Les 15% de français sous le seuil de pauvreté, les enfants sans logis, sont déjà dans une décroissance optimale, mais ils ne sont pas le cœur de cible de Colibris, ils n’amèneront pas le rapport d’achat qui vous fera accéder à l’agroécologie.

    Tout cela ne comptera plus dans sa société paysanne séculaire, qui ne vise pas l’émancipation de la condition humaine, mais plutôt une sorte de bien être individuel indéfini, car sans statut, la loi, le droit, Rabhi n’en parle jamais, pas besoin. La terre suffirait donc à réguler nos rapports sociaux et partager nos richesses. Nous ne sommes alors plus très loin du slogan pétainiste sur la vérité terrienne, indiscutable puisque innée, en tout point identique au fait religieux. On ne saura jamais ce qu’il fera des faibles, des pauvres, des malades, ou des délinquants, il n’y en aurait sans doute pas en agroécologie.

    Rabhi est sans doute un utopiste véritable qui nous fait croire qu’il se réalise, en mettant sous le boisseau les apports extérieurs en espèces sonnantes et trébuchantes qui assurent sa survie. La croissance de sa petite affaire ne serait-elle pas un peu contraire à ses principes, notamment son rapport à l’argent issu du capital, que son jardinage n’a pas éliminé.

    En ces temps où la protection sociale commune va être mise à bas, où des millions de gens sont exclus du sort normal, le discours de la décroissance culpabilisante résonne curieusement en phase avec ces économistes libéraux ou le Medef qui trouvent que nous coûtons trop cher, que l’on vit trop dans le confort. Intrinsèquement, le discours de Pierre Rabhi sert ces gens là, serrez vous la ceinture, pendant que les autres goinfres continuent de se remplir les poches avec notre travail, et monétisent ou détruisent des biens collectifs que l’on croyait inaliénables.

    D’où sa médiatisation, contrairement aux autres théoriciens de la décroissance qui n’apparaissent pas, trop politisés pour lui, ils dérangeraient un peu trop le ronron de l’info mainstream. La présence du bon paysan rassure les classes moyennes apeurées par la violence de la crise économique. Un prêche et ça repart, comme le sermon du dimanche des temps anciens pour mieux supporter l’injustice de la semaine. Il parle doucement, positive toujours, nous fait juste du bien dans l’instant, parce qu’il ne nous dérange pas finalement, il nous calmerait même, un des rares que nous n’ayons pas à craindre, contrairement à la troïka aux portes du pays, aux amis de l’ordre blanc, aux religions liberticides ou aux recommandés dans la boite aux lettres.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/joseph-g/170414/le-cas-rabhi-nie

    Des figures médiatiquement consensuelles comme celles de Pierre Rhabi et son mouvement des Colibris fustigent la modernité, critiquent le fonctionnement de la démocratie, ou prônent les pédagogies Steiner. Peut-on dire que par certains positionnements anti-Lumières cette mouvance se distingue de l’écologie politique de la gauche républicaine ?

    Oui, clairement. Comme je l’ai dit précédemment, refuser les Lumières, c’est refuser les fondements de notre système démocratique. Le modèle proposé s’éloigne de la gauche républicaine et de ses valeurs. Là, en l’occurrence, nous sommes dans une volonté de quitter le monde issu de 1789. Par contre, il est intéressant de noter que, s’ils critiquent le fonctionnement de la démocratie et fustigent la modernité, ils sont beaucoup plus flous en ce qui concerne leur projet de remplacement… Une société organique de petites communautés ? Avec quel mode de fonctionnement ? Une assemblée démocratique ou une régence d’expert ?, Qu’est-ce que, concrètement, « la sobriété heureuse » ? etc. L’idée d’une société organique de petites communautés est très à la mode dans les milieux anarchistes/libertaires, mais elle relève d’un imaginaire conservateur de défense des corps intermédiaires…

    De fait, ces milieux, de gauche ?, font la promotion d’une forme de « société fermée » dans les milieux de gauche, ou du moins écologistes. Pour certains d’entre eux, comme Pierre Rabhi, on peut se demander s’il ne serait pas plus juste de le considérer comme un anarchiste de droite par son scepticisme vis-à-vis de la Révolution française, par son refus de l’État et par sa promotion des corps intermédiaires et des « petits peuples »…

    En outre, ces milieux soutiennent l’idée selon laquelle les personnes des « sociétés traditionnelles » qui possèdent peu de choses ne sont paradoxalement pas « pauvres », leur richesse venant d’un réseau dense de relations sociales à la fois familiale et communautaires. Là encore, on a un discours qui relève avant tout d’un imaginaire conservateur, romantique

    http://tempspresents.com/2013/07/19/stephane-francois-contre-cultures-et-heritages-reactionnaires/

    « Pour se faire une idée sur la DERIVE SECTAIRE . Nous constatons également que le village de la famille Rabhi est conçu autour d’une ECOLE PRIVEE HORS CONTRAT. Sur les intentions affichées, la laïcité n’implique nul uniformisation des modes de vie. C’est au niveau de la réalisation que nous ne pouvons pas ne pas nous poser des questions. Le hameau des buis, initié par la famille de Rabhi, est construit par des BENEVOLES et des salariés. Quel est le statut de ces bénévoles ? Ont-ils droit à une protection sociale? Les reportages sont muets sur ce point. Le gendre de Rabhi dit explicitement que les bénévoles bénéficient d’un système gagnant-gagnant car ils bénéficient d’une formation professionnelle. Le reportage nous laissera sur notre faim en ce qui concerne l’hostilité parfois rencontrée aux alentours et que ledit gendre attribue à un défaut de communication. Sur le forum de l’émission de France Culture, une auditrice de la région en Ardèche regrette que la parole de Rabhi soit prise pour argent comptant.
    Les parents fuient en masse cette école pour se réfugier dans l’école privée de Lablachère. Certains ont déménagé de très loin pour mettre leurs enfants dans cette école et et se retrouvent le bec dans l’eau une fois qu’ils ont réalisé l’autoritarisme de Sophie Rabhi et les méthodes limites qui sont utilisées avec les enfants. Quant au hameau des Buis, renseignez-vous vraiment sur les modalités de logement (et surtout les modalités FINANCIERES) avant de le présenter de façon aussi unilatéralement positive. Pierre Rabhi est l’apôtre des nouvelles pensées écologistes, ORIENTEES A DROITE, littéralement polluées par l’idéologie managériale (hé oui, il faut se méfier des apparences). Véritable trahison pour des gens en quête d’alternatives
    Un journal local, l’Écho des Cévennes, relatait un FONCTIONNEMENT SECTAIRE de l’école dite la ferme des enfants où les parents sont amenés à participer aux tâches matérielles et décrivait également le désenchantement des parents.
    Le rapport de l’Éducation nationale en notre possession était quant à lui plus neutre, ne faisait état d’aucune notion sectaire mais laissait voir des déficiences dans le niveau malgré des progrès constatés depuis l’inspection précédente et envisageait une SAISINE DE LA JUSTICE si les progrès déjà enregistrés ne se confirmaient pas. »

    http://www.sectes94-sofi.org/avril-2010

    Indymedia: « Quelques mots sur Pierre Rabhi : figure historique de l’agriculture paysanne, se voulant philosophe, écouté jusqu’à l’ONU, Pierre Rabhi a monté des tas de structures militantes centrées autour de sa personne, et fait l’objet d’un véritable culte de la personnalité dans certains milieux. Pourtant, sa « pensée », fortement teintée de mysticisme et de moralisme, n’a rien de très radical ni de très pertinent. Actuellement, quand il n’écrit pas des livres en compagnie de l’hélicologiste Nicolas Hulot ni ne parade aux universités d’été d’Europe-Ecologie-Les-Verts, il vice-préside l’association Kokopelli qui, si elle fait un travail formidable de protection des semences paysannes, n’en diffuse pas moins auprès de son public des thèses conspirationnistes, via son blog (qui promeut actuellement les « thèses » de Sylvie Simon, connue pour ses travaux sur l’ésotérisme et sa défense des « médecines non conventionnelles ») et via les écrits de son président-fondateur Dominique Guillet (qui ne croit pas à l’origine anthropique du réchauffement climatique, thèse qui serait promue selon lui par les industries des agro-carburants en vue de justifier leur conquête des terres arables au détriment de l’agriculture destinée à produire de la nourriture) »

    Ici les liens entre le mouvement écolo de droite radicale « Colibri » avec toute la sphère conspirationniste, notamment avec le référencement de films conspirationnistes comme « l’argent dette », ou l’auteur obscurantiste proche de l’extrême droite Pierre Jovanovic ou encore même le fasciste Alain Soral, idéologue du FN :

    http://colibris.ning.com/video/revue-de-presse-de-pierre-jovanovic-avec-alain-soral

    http://colibris.ning.com/group/argent-dette-et-magouilles-politiques?commentId=2998321%3AComment%3A344071&xg_source=activity

    http://colibris.ning.com/video/guerre-civile-europ-enne-pierre-jovanovic-paris?xg_source=activity

    A l’occasion de la première conférence nationale de Colibri, on retrouve parmi les 7 intervenants Etienne Chouard, la tête de pont de toutes les extrêmes droites :

    http://parasite.antifa-net.fr/wp/wp-content/uploads/2013/07/chouard2.jpg

    Etienne Chouard dont la mystification est démontée ici :

    http://youlountas.net/spip.php?article476&lang=fr

    On retrouve également à la Conférence de lancement de la (R)évolution des colibri le 30 janvier dernier, à l’Espace Reuilly à Paris :

    Raphaël Souchier qui est consultant européen en économies locales, développement durable, valorisation du patrimoine et communication inter-culturelle, il a reçu une double formation en gestion d’entreprise (MBA de HEC Paris) et sciences humaines (Sociologie, Ethnologie et science des religions) et semble là pour venir vendre son nouveau livre auquel il fait référence plusieurs fois.

    « L’entreprise, c’est l’extension du cœur et de l’énergie de l’entrepreneur. Ils savent qu’ils vont changer le monde »

    Puis l’intervenant Colibri passe au récit d’une success story mettant en scène une restauratrice américaine qui un jour décide de ne plus proposer de porc qui a été élevé dans « des conditions inhumaines »

    « Elle a trouvé un paysan qui élève des porcs sans les traiter comme ça, il les laisse vivre dans la nature, c’est un révolutionnaire d’avant l’époque moderne, puisque c’est un amish, comme vous connaissez peut être, ce sont des gens qui ont refusé certains éléments du progrès technique, et ils sont révolutionnaires dans la mesure où ils sont un peu leaders sur ce qu’il faudra faire demain, c’est intéressant, une révolution pousse l’autre »

    Chez Colibri, les amishs, issus de cette secte religieuse bien connue, sont des « révolutionnaires ».

    Il s’astreint ensuite à ne parler que « d’égalité des chances » et surtout pas d’Egalité, l’égalité des chances étant une expression venant de la droite, de Pétain plus exactement. (à ce sujet, lire notre article consacré à « l’égalité des chances » ici https://www.facebook.com/notes/les-enragés/savez-vous-doù-vient-lexpression-égalité-des-chances/257112071122039 )

    Le plus frappant à l’occasion de cette conférence Colibri est cette mise en scène destinée à prouver que le savoir serait dans la salle et non sur la scène. C’est ainsi que des micros défilent dans l’assistance avec pour chaque spectateur, l’injonction de prononcer un mot dans une forme de pseudo implication théâtralisée des récepteurs du discours et qui rappelles certains fonctionnement sectaires.

    Rahbi a inventé l’anticapitalisme décroissant mais financier : tu inverses le modèle conventionnel du capitalisme (emprunter coûte de l’argent, en prêter en rapporte) : l’argent emprunté rapporte à l’endetté et coûte au préteur qui lui, voit décroître son capital.
    En fait, Rahbi est bien un paysan mais d’un genre particulier, il transforme ton argent en dépense pour une poule de luxe : elle n’y laisse aucune plume mais tu y laisseras tout ton blé.

    Rabhi est vraiment un génie et les média n’ont vu en lui qu’un marchand de compost agrémenté d’un manuel de philo des castors juniors alors qu’il était bien avant l’heure le visionnaire du capitalisme du 21e siecle…
    Ce gars avait tout compris avant tout le monde et personne ne le voyait, un business-model qui sera n’en doutons pas, très bientôt enseigné à HEC.

    Comment opposer question écologique et question sociale dès lors que l’exploitation des ressources et des hommes sont intimement liés ?
    Comment ?
    En fermant les yeux et en cautionnant le système promu par Rabhi en exploitant idéologiquement une masse de bénévoles dont les ressources en travail ne sont pas intégrées dans la méthodologie et l’évaluation des résultats.
    Dès lors que ce système est faussé dès le départ, il n’est pas transposable.
    Le système étant lui même associé à une escroquerie économique (système d’engagement  contractuel proche d’un prêt indexé dans un paradis fiscale) l’enrichissement économique généré par l’exploitation et la construction de l’éco-village est lui même faussé puisque la ressource en capital provient d’une production externe (le pognon grassement offert par les sociétaires et dont la provenance est externe au processus économique mis en place par P. Rabhi.

    Lorsque les bénévoles versent 5000 euros non récupérables, une indexation prélevée sur leur capital et s’acquittent en plus d’un loyer pour des propriétés qui leur coûtent mais ne seront jamais à eux, c’est quoi si ce n’est pas un contournement de subvention puisque l’exploitation ne tire pas ses ressources de sa qualité économique ?
    A ces contributions énormes et uniquement accessibles à une catégorie aisée et vulnérable s’ajoute en plus un bénévolat de 120 heures par mois.
    Et bien évidemment aucune charge en matière d’assurances sociales, la protection contre la maladie et les accidents, c’est aux autres qu’il incombe de la financer…

    Si Rabhi n’existait pas, Bernard Tapie l’aurait inventé.

    Les Enragé-e-s

    En photo, la princesse Constance de Polignac et son protégé/conseiller personnel Pierre Rabhi (du mouvement écolo de droite « Colibri ») sur son domaine de Kerbastic, château du XVIIe siècle transformé en hôtel de luxe s’étendant sur un parc de 64 hectares dont 2 hectares « bio » accueillant des séminaires destinés aux chefs d’entreprise.

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    Texte repris de la page facebook « Les enragés« 

     

     



  • Critique de la société industrielle et écologie radicale, de la nécessité d’un positionnement social et antifasciste !

    Reprise, correction et mise à jour de publications initialement parues sur Indymedia Grenoble.

    L’écologie, un thème de gauche ?

    A l’heure où l’extrême droite fasciste opère un retour inquiétant et passe à l’offensive dans tous les milieux et sur tous les fronts, que ce soit la rue, le monde du travail, où encore la culture, peut-on encore laisser cette considération répandue qui voudrait comme une évidence que l’écologie soit une thématique de gauche ? A l’évidence non, et c’est pourquoi nous pensons que les mouvements luddites et écologistes radicaux auxquels nous considérons appartenir doivent réaffirmer des positions claires en ce qui concerne la lutte des classes et particulièrement l’antifascisme. La proximité entre extrême-droite et écologie où refus du progrès ne tiennent pas du simple opportunisme mais ont toujours existé.

    Alors que d’importantes luttes sont menées actuellement (no-TAV, ZAD, anti-THT…) nous devons plus que jamais rester vigilants, (re)connaître notre ennemi et être en mesure de lui apporter une réponse déterminée, tant sur le plan idéologique que physique, et c’est ce que les prochains articles se donnent pour objectif.

    Origine des liens entre extrême-droite fasciste et écologie. Les mouvements Volkish de la fin du XIXème siècle & La révolution conservatrice allemande.

    Les premières théories s’approchant de ce que l’on pourrait appeler l’éco-fascisme se font jour en Allemagne dans la première moitié du XIXème siècle sous la plume d’Ernst Moritz Arnd, qui prône l’amour de la nature combinée au nationalisme, puis Wilhelm Heinrich Riehl qui y ajoute le romantisme du retour à la terre. A la même époque le mot « écologie » sera inventé par le zoologue réactionnaire et anti-humaniste allemand Ernst Haeckel, référence à l’époque pour les partisans du darwinisme social, du racisme et de l’antisémitisme.

    A la fin du XIXème siècle en Allemagne le romantisme politique (courant très conservateur influencé par Nietzsche dans son pessimisme anti-moderne) s’opposait à la modernité qu’il voyait comme source de la décadence de la société. Il sera tout d’abord théorisé par Paul Lagarde et Theodor Fritsch (qui dirigera plus tard des mouvements néo-païens d’influence nationale). Il va se développer à l’époque tout un tas de pratiques alternatives allant du végétarisme au naturisme en passant par les médecines douces et les premières revendications écologistes vont apparaître. Mais toutes ces expériences alternatives ne sont pas exclusivement le fait de libertaires disciples de Kropotkine ou d’Elisée Reclus, loin de là.

    A cette époque et dans ces milieux va émerger le courant néo-paganiste et pangermanique Volkish, c’est ce courant profondément raciste qui placera l’aryen au sommet d’une hiérarchie qu’il aura établie entre les peuples et qui absorbera une bonne partie des milieux antisémites de la fin du XIXème siècle et du début du XXème. Les Volkischer vont développer une vision complètement mystifiée de l’histoire et imaginer de nouvelles formes de cultes où la nature est centrale, des communautés d’hommes proches de cette dernière et librement soumis à d’autres, prétendus plus forts par nature. Le mouvement Volkische sera défini par Peter Staudenmaier par ailleurs écologiste social comme un « populisme ethnocentrique avec un mysticisme de la nature ».

    A partir de 1918, en opposition à la république de Weimar, l’Allemagne va se trouver confrontée à la révolution conservatrice qui la mena au nazisme, avec lequel nombre de ses acteurs comme Martin Heidegger ou Carl Schmitt vont collaborer. Une nouvelle fois on assiste à l’émergence d’une véritable contre-culture appelée Wandervögel majoritairement de droite et notamment influencée par Heiddeger.

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    Au sein de la révolution conservatrice allemande se retrouvent les néo-conservateurs (Ernst Junger), les nationaux-bolchéviques (Ernst Niekisch) et les Volkischer… Le courant Volkisch va profiter des évènements (défaite de l’Allemagne, proclamation d’une république, forte agitation émanant des spartakistes…) pour opérer son retour, rejoint notamment par des personnalités de premier plan.

    Dans son article de 2007 « Terre & Peuple :: Quand les Gaulois sont dans la peine… » la revue antifasciste REFLEXes évoque longuement ce courant :

    « De tous les courants de la « révolution conservatrice » allemande, le courant volkisch est sans doute le plus ancien puisqu’il émerge dès la fin du XIXème siècle. À l’époque, ses centres d’intérêt reflètent une bonne part des orientations culturelles de cette période : approche « scientifique » des origines guidée par l’esprit positiviste et l’élan romantique du mouvement des nationalités ; effervescence « spiritualiste » née de la crise de l’identité religieuse traditionnelle, en l’occurrence le christianisme. Ces deux voies convergent chez les « Völkischen » dans la défense du « peuple » conçu non comme masse mais comme identité, à la fois biologique et spirituelle. Le courant völkisch est donc foncièrement tourné vers le passé sans pour autant être réellement réactionnaire puisqu’il ne cherche pas à revenir à une époque révolue mais à se rattacher à ce qu’il considère être la plus lointaine origine. Un des fondements intellectuels de ce courant est alors Herman Wirth, philologue de la première moitié du XIXème siècle, qui, dans L’aube de l’humanité (1828), entendait reconstruire l’histoire de la religion, du symbolisme et des écrits d’une « race nordico-atlantique » primordiale, dont il faisait remonter les origines au paleolithique. Wirth situait le berceau originel de cette race dans la région correspondant à l’actuelle Arctique et la décrivait comme porteuse d’une culture cosmico-symbolique dont le thème central serait l’année solaire comme expression d’une loi universelle de renouvellement, cycle dans lequel le solstice d’hiver aurait revêtu une importance particulière.

    Dans cette recherche des origines, le monde indo-européen (terme qui finit par l’emporter sur « indo-aryen ») est au centre des préoccupations. Découverte par les linguistes à la fin du XIXème siècle, « l’indo-européanité » identifiée comme noyau originel de la civilisation européenne donna un socle scientifique plus solide au courant völkisch. Ce dernier s’intéressa immédiatement au groupe germanique des peuples indo-européens, considéré comme le moins dénaturé et le plus proche des caractéristiques originelles. Reprenant des arguments développés par Arthur de Gobineau, deux philologues vont imposer leurs idées dans le courant völkisch : Hans F.K. Günther et Ludwig Ferdinand Clauss. Si Günther est célèbre, Clauss l’est un peu moins en raison d’une approche ethnique assez éloignée du racisme « suprémaciste » d’essence coloniale fort en vogue à l’époque. Il considérait en effet que chaque homme est porteur d’un « style » caractéristique de l’âme du groupe ethnique auquel il appartient, style fondamentalement distinct des caractères purement individuels : « chaque race possède en elle-même le criterium de ses valeurs les plus hautes et il n’existe pas de mesure commune qui puisse permettre de la comparer à une autre ».

    Parallèlement à cette quête « raciale », le courant völkisch développe tout un intérêt pour l’occultisme, en particulier en Allemagne du Sud et en Autriche, terres catholiques s’il en est. La principale conséquence de cet intérêt fut la création de petites sectes occultistes et surtout un intérêt appuyé pour les runes, ancien alphabet nordique dont les vertus divinatoires supposées ne pouvaient que les attirer. De ces catholiques autrichiens apostats est venu également un antisémitisme typiquement lié à leur origine et conjugué sur le mode classique du conspirationnisme. D’autres tendances du mouvement désirèrent cependant simplement refonder une religion purement allemande. Certains optèrent pour la thèse fantaisiste du « Christ aryen » développée par Houston Stewart Chamberlain dans ses Fondements du XIXe siècle publié en 1899. Luther était à leurs yeux l’émancipateur de l’âme allemande, désormais libérée du carcan méditerranéen et despotique de Rome. Ils prétendaient achever la Réforme en purgeant le christianisme de son contenu spirituel sémitique. L’absurdité théorique et l’impossibilité pratique d’un tel projet n’échappèrent cependant pas aux plus lucides qui se tournèrent alors vers le paganisme nordique ou vers une « religiosité indo-européenne » plus large.

    Cette quête des racines de « l’âme allemande » amène les « Völkischen » à porter une attention particulière aux traditions populaires (fêtes, folklore, coutumes) où, sous le vernis chrétien, se perpétuent des éléments beaucoup plus anciens, d’origine païenne. Dans le même esprit, ils accordent une grande importance au paysage et leur position est celle d’une écologie intégrale avant même que cette notion ne connaisse la popularité qui est la sienne à partir des années 1960. Défenseur de « l’art du terroir », ils créent ainsi un mode de vie alternatif relativement hors norme pour l’époque. Enfin, très attachés aux vertus privées du lignage et aux identités locales, les « Völkischen » ont relativement peu théorisé sur ce qui leur semblerait l’État idéal, la majorité se retrouvant dans la conception de l’empire germanique avec ses libertés locales. »

    L’écologie et le National-Socialisme

    Le IIIème Reich et l’idéologie national-socialiste sont les héritiers directs de la « révolution conservatrice » allemande et particulièrement des Volkischer. Le journal de Munich, le Münchener Beobachter, qui fût offert au Volkischer munichois par Rudolf Freiherr von Sebotendorff (grand lecteur du Protocole des sage de Sion et chef de la société de Thulé dont étaient membres bon nombre de dignitaires nazis) devint ainsi plus tard l’organe officiel du NSDAP et s’appelera le Volkischer Beobachter.

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    Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce fait étant rarement mis en avant, l’écologie occupait une place centrale chez les nazis qui étaient pour beaucoup sur ce point de véritables intégristes. Ainsi sous le IIIème Reich l’agriculture biologique était favorisée et c’est en Allemagne que fut crée la première réserve naturelle d’Europe.

    Une étude sur le sujet écrite par deux écologistes sociaux Janet Biehl et Peter Staudenmaier existe, intitulée « Ecofascism : lessons from the German experience ». Staudenmaier conclura son analyse de la manière suivante :

    « Pour rendre cette consternante et dérangeante analyse plus acceptable, il est tentant d’en tirer exactement les mauvaises conclusions : à savoir, que même les engagements politiques les plus répréhensibles produisent parfois des effets louables. Mais la vraie leçon est exactement inverse : même la plus louable des causes peut être pervertie et instrumentalisée pour être mise au service de la sauvagerie criminelle. « L’aile verte » du NSDAP n’était pas un groupe d’idéalistes innocents, désorientés et manipulés, ni même des réformateurs de l’intérieur : ils étaient des promoteurs et des exécutants conscients d’un programme infâme ouvertement dédié à une violence raciste inhumaine, à une répression politique massive et à une domination militaire mondiale »

    Terre & Peuple, les héritiers des Volkischer

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    Le principal animateur de la revue Terre & Peuple aujourd’hui n’est plus à présenter, il s’agit de l’une des figures de l’extrême droite française, Pierre Vial qui gère également en Rhône-Alpes le groupe Europe-Identité et dont la revue antifasciste REFLEXes, toujours dans son article de 2007 « Terre & Peuple :: Quand les Gaulois sont dans la peine… », fait un rappel biographique :

    « Né en décembre 1942, il s’engage très tôt dans la mouvance nationaliste en rejoignant Jeune Nation en 1958. Le parti étant dissous pour son engagement en faveur de l’Algérie Française, Vial adhère à la Fédération des Étudiants Nationalistes au début des années 1960 et participe à la fondation d’Europe-Action qui en est partiellement issue. Comme beaucoup d’autres, il suit ensuite le parcours classique du militant nationaliste : Mouvement Nationaliste de Progrès (MNP) en 1966 puis Rassemblement Européen de la Liberté (REL) en 1967. Mais il devient une figure importante de la droite radicale en cofondant le GRECE au printemps 1968 et en y prenant la responsabilité de la commission Histoire l’année suivante. Animateur des structures lyonnaises du Groupement, il en est surtout le secrétaire général de 1978 à 1984 ainsi que le directeur de certaines des publications : Éléments, Études et Recherches. Il devient également conseiller culturel de l’association Domus lors de sa fondation le 4 novembre 1973. Celle-ci est la structure qui gère la Domus Europa, propriété détenue par l’association à Ventabren (13) et qui aujourd’hui encore est animée par l’un de ses fondateurs au parcours quasi-identique à celui de Pierre Vial : Maurice Rollet. La montée en puissance du FN, en particulier son accession à l’Assemblée Nationale et, parallèlement, l’affaiblissement du GRECE miné par l’absence de perspectives et les querelles internes poussent certains des cadres de l’organisation à rejoindre la structure frontistes à partir de 1987-1988, semblant ainsi tourner le dos à la stratégie métapolitique qui était au cœur de la démarche néo-droitiste. En 1990, Pierre Vial entre au Comité Central du FN et entame un parcours classique de cadre politique : élections locales et législatives à Villeurbanne et en Rhône-Alpes, formation et conférences, participation aux publications, sans oublier les extra comme une intervention au meeting de soutien à la Croatie libre organisé par Alain Sanders le 7 février 1994 et soutenu par le GUD. La crise de 1998 le voit participer à la fronde mégretiste, sans doute à la fois par hostilité à certains courants frontistes (« marinistes », catholiques nationaux de Bernard Antony, partisans de Bruno Gollnisch) et par affinité avec la radicalité politique d’une partie des partisans de Bruno Mégret. La scission est d’ailleurs très violente en Rhône-Alpes où le FN est investi dans certaines sociétés comme la SARL Telegone et la SCI Liberté. Vial devient immédiatement un des dirigeants du FN-Mouvement National, futur MNR, en prenant la responsabilité du secrétariat national aux milieux populaires et au social dans l’organigramme du parti présenté par B.Mégret le 10 novembre 1999. Mais l’absence de perspectives du MNR et l’évolution politique du parti le mettent rapidement en porte-à-faux avec Bruno Mégret et il est officiellement exclu du MNR le 14 octobre 2001 pour avoir critiqué les positions proaméricaines de B. Mégret, suite aux attentats du 11 septembre que les proches de Vial ne se cachent pas d’avoir fêtés. Il fonde alors le groupe Europe-Identité au conseil régional Rhône-Alpes avec la poignée de conseillers MNR l’ayant suivi. Ce groupe, à défaut de peser dans les décisions régionales, s’avérera fort utile à Terre & Peuple puisque cela permettra à l’association d’envoyer son courrier aux frais du contribuable sous couvert de celui d’Europe-Identité. Il en sera de même des autres facilités offertes par les mandats régionaux (au même titre que les autres groupes politiques), en particulier en termes de frais de déplacements. Europe-Identité fera d’ailleurs des « boutures » en Champagne-Ardenne et en Midi-Pyrénées. »

    Il est étonnant de constater que le parcours politique de Pierre Vial bien qu’ayant commencé bien avant, comporte bien des similitudes (passage à Nouvelle-Résistance et au MNR, passage au FN, soutien aux nationalistes Croates) avec ceux d’autres fascistes de première importance, notamment grenoblois comme André-Yves Beck ou Jean-Marc Vivenza.

    Terre & Peuple s’impose au sein de l’extrême-droite comme l’héritière de la pensée des Volkischer, on y retrouve énormément de thèmes propres au Volkisch : histoire revisitée, paganisme, enracinement… Elle compte (toujours d’après l’article de REFLEXes) autour de 1000 adhérents en France, sa table ronde annuelle réunit entre 400 et 500 personnes et son noyau (ceux présents aux assemblées communautaires par exemple) entre 50 et 60 personnes.

    L’écologie politique d’extrême-droite aujourd’hui en France Goldsmith, Waechter, De Benoist, Ozon et Cie

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    En 1993 Robert Steuckers quitte le GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne) après y avoir été le bras droit depuis 1981 d’Alain de Benoist. Il fonde Synergie-Européenne, réseau européen appartenant à la Nouvelle-Droite. Synergie Européenne qui compte dans ses rangs des individus comme le grenoblois Jean-Marc Vivenza où les groupes écofascistes allemands Unabhängigen ökologen Deutschlands et Arbeitskreis Grüne Trommel de Hambourg. Synergie Européenne a des sections en France, en Belgique, au Portugal, en Russie, en Autriche, en Latvie, en Lituanie, en Yougoslavie, en Italie et en Allemagne.

    En 1994, Antoine Waechter est une figure de l’écologie. Dans les années 70 il a été secrétaire général de la Fédération Alsace de l’Association régionale pour la protection de la Nature, compte parmi les fondateurs de Écologie et Survie, fait partie du Mouvement d’Ecologie Politique. Il est l’un des porte-paroles nationaux des Verts à partir de leur fondation en 1984, candidat à la présidentielle de 1988 il devient conseiller municipal de Mulhouse puis député européen et conseiller régional d’Alsace.

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    Cette année 1994 il quitte les Verts pour fonder le Mouvement Ecologiste Indépendant. « Indépendant » car défendant une vision « ni gauche ni droite » de l’écologie. Un slogan qui porte à confusion et que les fascistes de tout poil adorent. On se rappellera Jacques Doriot, ancien communiste devenu fasciste et collaborateur « Ni droite ni gauche, en avant ! » et on ne pourra que faire le rapprochement avec le « Gauche, droite. Marxisme et capi­ta­lisme divi­sent. » de Terre & Peuple ou bien encore plus récemment, « Droite des valeurs. Gauche du travail » d’Egalité et Reconciliation, « Ni droite, ni gauche. Identitaire ! » des identitaires ou bien ceux de Troisième-Voie.

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    Un an plus tard, Nouvelle-Ecologie est fondée en 1995 par Laurent Ozon (spécialiste au sein de la Nouvelle-Droite des questions environnementales et du localisme) c’est la branche écologie du GRECE. Nouvelle-Ecologie publie la revue Recours aux Forêts. Laurent Ozon est aussi le fondateur de l’organisation écologiste Wildniss Club. Le recours aux Forêts et le Wildniss Club appartiennent au courant actuel de l’écologie profonde et sont liés au mouvement écologiste américain Earth First ! Sur lequel nous reviendrons plus tard.

    De nos jours, Laurent Ozon est à la tête de « Maison commune ».

    Les liens même indirects existent dès le départ entre Waetcher et l’éco-fascisme. En 1998 après avoir obtenu deux élus aux élections régionales Waetcher et son MEI se rapprochent d’Edward Teddy Goldsmith fondateur en 1969 de la revue The Ecologist dont il est le propriétaire et le rédacteur en chef.

    Edward Goldsmith, mort en 2009 était connu pour être un activiste environnementaliste au service de la Nouvelle-Droite et dont le frère, James, avait racheté l’hebdomadaire (anticommuniste) l’Express avant de le revendre en 1987 et a financé la fondation du MPF de Philippe de Villiers à hauteur de 3,5 millions de dollars. Goldsmith fréquente depuis longtemps le GRECE dont le dirigeant, Alain de Benoist, compte parmi ses amis et pour qui il finira par donner une première conférence en 1994. Le milliardaire Edward Goldsmith sponsorise à travers toute l’Europe une vision de l’écologie totalitaire et fasciste comme celle du GRECE mais aussi de Synergie Européenne.

    En 1999 Antoine Waechter participe (à l’instar de Goldsmith ainsi qu’Alain de Benoist, François Terrasson et Serge Latouche l’année précedente) au colloque de Nouvelle-Ecologie dont le leader, Laurent Ozon qui ne veut pas que l’on s’en prenne à la nature et prétend la protéger, reste quoiqu’il arrive un fasciste et un flic. il est d’ailleurs le fondateur (en 2001) et le PDG de Storvision (figurant parmi les leaders du secteur de la vidéosécurité).

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    Jean Robin, soutien de Daniel Cohn Bendit en 1999, démissionne des Verts en 2004. Il est, depuis sa démission régulièrement intervenu sur les ondes de Radio Courtoisie et a crée en 2006 les Editions Tatamis (destinée à éditer des ouvrages politiquement incorrect), il a fait campagne pour Dupont-Aignan l’année suivante (2007) après avoir quitté égalité et réconciliation d’Alain Soral pour cause de « différend commercial ». Tatamis sera l’éditeur de Susan Georges et de Frédéric Vialle d’ATTAC mais également celui d’Oscar Freysinger.

    Plus récemment, Laurent Ozon a donc fondé en 2008 La Maison Commune renforçant les liens existants déjà avec Serge Latouche et le MAUSS et devient le compagnon de route des identitaires en participant à la convention d’octobre 2009 où le Bloc Identitaire se transformera officiellement en parti.

    En 2010 le site d’extrême-droite, Enquète & Débat (concurent de FdeSouche) est lancé par Jean Robin. En 2011 avec l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du Front National, Laurent Ozon est directement placé par cette dernière au bureau politique du parti pour s’y occuper de l’Ecologie. Cependant les divergences étant trop forte, Laurent Ozon quitte le FN sept mois plus tard. Par ailleurs il faut mentionner que pour sa campagne présidentiel de 2012 le FN avait doté son programme d’un volet écologique.

    A la peur de l’immigré et aux tentations de repli communautaire s’ajoutent la tendance à un retour à l’ordre moral conservateur. Nous vivons dans une société malade et les charlatans ne manquent pas…

    Si les technocrates utilisent les moyens technologiques pour renforcer un système de domination de l’Homme sur l’Homme, on assiste également sur le plan spirituel et moral à un retour en force du religieux et du conservatisme. Les systèmes fascistes ont su par le passé allier la domination par la contrainte physique (la discipline des corps poussée à son paroxysme), à travers différents systèmes de coercition technico-militaro-policier, et la domination par la contrainte psychologique, basée sur l’aliénation des masses à travers l’endoctrinement religieux ou patriotique, la hiérarchisation de la société et la sanctification du pouvoir. Cela se voit sur différents plans. La surmédiatisation des faits-divers glauques, et des effets d’annonce contribuent à renforcer l’idée d’une société hostile, et, en opposition, d’un état protecteur. Les mesures de surveillance, la criminalisation de toute opposition efficiente au pouvoir, l’alourdissement des peines n’est plus imposée mais réclamée par une frange de la société abrutie. Si le phénomène touche comme on pouvait s’y attendre les franges bourgeoises et vieillissantes de la société, il touche également les jeunes et certains désespérés en quête de sens ou de spiritualité.

    L’organisation verticale des rapports sociaux et l’emprise croissante de la marchandise dans ces derniers aboutissent de manière logique à une société de contrôle consentie. La déshumanisation dont font l’objet les individus réduits à l’état de marchandises, et qui perdent peu à peu le contrôle sur leur vie et l’espace dans lequel ils évoluent, les dispose tout entier à accepter le totalitarisme marchand et l’abandon de leur vie à ce dernier. A travers l’illusion du bonheur matérialiste le mensonge capitaliste perdure et s’amplifie. Et quand bien même la mondialisation capitaliste et la financiarisation ont mené à la pire crise économique de l’histoire, cette dernière ne fait que jeter dans les bras du nationalisme et de la réaction les classes populaires.

    « L’antisémitisme comme mouvement national a toujours été ce que ces instigateurs aimaient reprocher au sociaux démocrates : le nivellement. Ceux qui n’ont aucun pouvoir pour commander ne doivent pas vivre dans des conditions meilleures que celles du peuple. Tous les suivistes avides ont au fond toujours su qu’ils n’y gagneraient rien sinon la joie de constater que les autres n’en ont pas d’avantage » Horkheimer & Adorno, La dialectique de la Raison

    Cette citation sur l’antisémitisme s’applique aussi bien aux formes de racisme d’Etat que l’on a vu se mettre en place ces dernières années. La différenciation et la mise en concurrence des individus sur des critères absurdes, en lieu et place de l’analyse des rapports de domination sape jour après jour les efforts du mouvement social et laisse en revanche la part belle aux théories différentialistes.

    Il semble que le nombre des personnes à même d’avoir conscience de la nécessité de la lutte des classes ne cesse de décliner.

    Les médias marchands, largement dominants par leur nombre et leur moyens financiers, cèdent peu à peu à la facilité, laissant de côté l’analyse de fond et la recherche de la création artistique au profit d’un traitement spectaculaire de l’information et la promotion d’une culture de supermarché, recyclable à l’envie. Cette culture de l’instantané et de l’éphémère se retrouve désormais dans les politiques d’éducation et de recherche. A l’école, l’acquisition de savoirs automatique est privilégiée au détriment de la réflexion personnelle, la réduction du nombre de professeurs, les classes surchargées, et la négation de l’enfant en tant qu’individu à part entière avec ses envies propres, contribuent à une perte de repères des jeunes générations et de la pertinence de leur bagage culturel et scientifique. Les alternatives ne manquent pourtant pas, mais on leur préfère une vision autoritaire et uniformisante de l’enseignement. Dans la recherche, les crédits sont désormais orientés vers des technologies rentables à court terme, en particuliers celles liées au contrôle des populations, que ce soit dans son volet techno-policier, ou socio-économique.

    « Le totalitarisme… découle d’un système de production et de distribution parfaitement compatible avec un puralisme de partis, de journaux, avec la séparation des pouvoirs. » Marcuse L’homme unidimensionnel

    Le dangereux retour à la spiritualité où comment se crée potentiellement un contexte et des mentalités propices.

    Que ce soit en un Dieu bienfaisant, en la main invisible du marché et les vertus du progrès, ou même en la révolution, la croyance rassure non seulement le croyant, mais aussi le pouvoir qui détient alors un outil de contrôle formidable.

    « Les hasards et les chances imprévus de fortune qui prédisposent les bourgeois aux idées superstitieuses n’existent pas pour le prolétaire ; et l’idée de Dieu ne peut apparaître dans le cerveau humain, que si sa venue est préparée par des idées superstitieuses de n’importe quelle origine. » Paul Lafargue Le déterminisme économique de Karl Marx

    Il n’est guère étonnant dans ce contexte de crise culturelle et économique, de voir resurgir des théories obscurantistes. A mesure que l’analyse rationnelle recule, les théories mystiques et religieuses opèrent un retour pour le moins inquiétant. Elles concernent tout les milieux et s’invitent dans tous les aspects de la vie. Elles participent à la confusion générale et profitent à de nombreuses dérives, des théories créationnistes aux sectes new-age, l’éventail des fausses réponses, des discours confusionnistes et des mensonges rassurants est immense.

    De plus en plus d’individus se détournent en partie ou complètement de la lutte politique opposant les opprimés à leurs oppresseurs, de la pensée révolutionnaire et des pratiques émancipatrices du mouvement social pour chercher ailleurs des « solutions ». Ainsi progresse partout cette idée qui veut que quelque soit ses opinions (comprendre par là : dans quel camp il se place dans la guerre sociale) l’individu aurait besoin de « spiritualité ».

    « Le monde aliéné apparaît […] comme le seul possible ; cela suscite la transfiguration, la résignation, et la recherche d’un chemin menant à la « vie » par l’expérience mystique irrationnelle, laquelle ne peut évidemment rien changer à l’essence de cette situation de fait. Ces attitudes qui expriment plus l’écrasement de l’individu face au monde sont inévitables à partir du moment où l’on renonce à toute praxis possible… » (propos sur les écologistes issus des classes moyennes, extraits de la brochure Anonyme « Les mythes décisifs. Aux écoeurés de Malville »)

    Les initiatives de l’extrême-droite identitaire en France sur fond de retour à la terre.

    A l’extrême-droite le courant identitaire est sans aucun doute pour la dernière décennie, celui qui a pris le plus d’initiatives concrètes dans tous les domaines. Suivant sa méthode basée sur la métapolitique, il se sont employés sans relâche a investir tout les terrains et notamment ceux abandonnés par le FN et a occuper un maximum d’espace.

    « La métapolitique est une conception idéologique et une pratique politique qui vise à s’inscrire dans les rapports de force sociaux et économiques en déployant des concepts au niveau culturel pour influencer la sphère politique et y faire progresser ses idées. Il s’agit de considérer que la vision que la société porte sur elle même doit être modifiée préalablement à une tentative de changement de société. Vision politique adaptée au contexte social actuel, la métapolitique est une des formes d’action politique. » (Source : « Métapolitique et stratégies des droites radicales »).

    Cela va par exemple de l’ouverture de locaux aux allures de centres sociaux et culturels et à l’occupation de certains quartiers dans les grandes villes, à des démarches de retour à la terre… On a déjà vu que l’écologie faisait partie intégrante de l’extrême droite. On ne citera pas toutes les revues, les petites maisons d’édition, les ateliers artisanaux, boutiques d’artisanat enracinés. Le plus grand des succés des identitaires restant néamoins l’ouverture de ses Maisons de l’Identité, inspiré par les Casapound, centres sociaux fascistes qui fleurissent dans toute l’Italie. Aujourd’hui elles sont au nombre de huit (« La Barricade » à Paris, la « Vlaams Huis » à Lille, « La maison de l’Artois » dans le Nord-Pas-de-Calais, « Lou Bastioun » à Nice, « La Traboule » à Lyon, « Ti-breizh » dans le Finistère, « l’Echoppe » à Bordeaux et « l’Oustal » à Toulouse). Sur le mouvement Casapound en Italie qui a inspiré ces locaux on peut lire la brochure « Sortir des égouts : de l’égémonie culturelle de droite au fascistes du troisième millénaire » éditée par Tatanka, et voir le documentaire d’Arte « Casa Pound une maison occupée par l’extrême droite »)

    Mais la plus inquiétante des initiatives identitaires reste La Desouchière. Une bière artisanale. En se penchant un peu sur ce cas particulier on se rend compte qu’il s’agit d’individus issus de la mouvance identitaire qui ont racheté des bâtiments et crée une SCI dans une petite commune. Le but étant d’installer une véritable colonie d’individus. La méthode est à peu près la même que pour certaines maisons de l’identité, un blog l’analysait déjà il y a un an :

    « Attirer des gens vers des communautés fermées, isolées, et animées par un concept ésotériquo-spirituo identitaire fumeux, puis organiser le tout financièrement pour qu’il essaime, je ne pense pas être le seul à voir là dedans une dérive sectaire. »

    Olivier Bonnet, fondateur de La Desouchière est intervenu à la 3ème Journée Nationale et Identitaire organisée à l’occasion du 3ème anniversaire de la revue Synthèse Nationale ainsi qu’à la 11éme Rencontre des Identitaires de Coloma organisée par Terre & Peuple-Wallonie pour parler de « la ré-appropriation par la culture locale, par les habitudes alimentaires locales, par les randonnées locales, par les traditions vestimentaires, les fêtes, les rites, les lieux sacrés locaux, l’économie équitable, le mouvement coopératif, le micro-capitalisme, la permaculture biologique, les activités éducatives et sportives locales, etc ».

    Message du fondateur de la desouchiere en octobre 2008 :

    « Le but Il doit être fixé de manière claire de façon à ce que chacun en soit bien conscient avant de s’engager de la façon qui lui convient. Cependant, il faut demeurer relativement évasif dans les documents officiels (statuts des sociétés et associations éventuelles), de manière à ne pas prêter le flanc à la critique de nos adversaires, ni éveiller les soupçons des autorités du lieu finalement choisi. Si une SCI doit acheter des maisons, des terrains, des appartements, elle doit pouvoir le faire tout naturellement, sans tapage inutile. c’est la partie la pus délicate du démarrage. une fois des biens immobiliers acquis, il devient quasiment impossible de s’opposer à l’arrivée de nouveaux habitants dans la commune »

    « Je ne détaillerai pas ici et maintenant les méthodes qui permettent de limiter les risques mais il me semble par exemple qu’il vaudrait mieux éviter de débarquer dans un coin étendard au vent. L’implantation ne doit pas être avant tout politique, à mon sens le but premier doit être de s’intégrer et de se faire accepter, apprécier, des habitants du cru, en adoptant un comportement exemplaire. »

    « Il serait judicieux de choisir une commune peu peuplée afin de pouvoir assez rapidement placer un maire souchien. Si nous sommes suffisamment nombreux nous pourrons mécaniquement gagner les municipales. Une liste dite apolitique simplement souchienne. »

    « C’est même réalisable au niveau d’un canton pour peu que le projet prenne de l’ampleur »

    « L’arrivé dans une mairie ou au moins dans les conseils municipaux pour debuter (avec menagement de la population de souche -la vrai- lol) est en effet indispensable mais doit se faire delicatement (que l’on est pas l’impression de debarquer et vouloir prendre le pouvoir) dans le cas contraire on ne se distinguerai pas beaucoup des migrateurs allogènes. Il faut avant avoir mené de bonnes actions, des rehabilitations et acquis la confiance des gens. Mais en effet, l’entrisme dans les listes municipales offrira beaucoup d’autres perspectives. »

    « il faut donc s’installer dans une commune déjà existante et réussir à y placer notre maire. Le contrôle de la mairie nous permettra de contrôler les permis de construire et en conséquence, de contrôler l’accroissement, la rigueur des construction, le bon emploi des fonds publics et la tenue de l’école. »

    « Imaginez donc une commune en voie de désertification, avec 100 électeurs inscrits (car c’est ainsi dans les campagnes, il y a toujours plus d’électeurs inscrits que d’habitants à l’année, enfants compris) et 10 nouveaux arrivants, qui sont 30 au bout de 18 mois et plus de 50 en 3 ans : ils prennent ensuite la mairie avec leur liste entière (11 élus, donc le maire plus l’ensemble du conseil municipal) sans problème. »

    « Il y a déjà des camarades qui ont franchis le cap du retour à la terre. Vu le peu d’entre-nous qui ont eu le courage de passer à l’acte (moi compris), ils sont amenés à avoir des échanges (de produits, d’animaux et de services) avec les gauches sans que ses derniers les soupçonnent en rien. Et même parfois, s’ils ont un soupçon, le fait de partager la même vie, le respect s’installe. Il suffit de ne pas faire de prosélytisme et d’avoir un peu d’humour. Les gauches, eux, sont bien plus nombreux que nous à être redevenus paysans et dans ce domaine ils sont bien plus cohérents que nous. »

    « Et je répète, pour les gauches il n’y a pas de soucis à ce faire. Ceux des ville, les plus pourris, ne viennent pas à la campagne. Et vous seriez surpris de voir que les gauches de la campagne ont bien des points communs avec nous. Sauf pour les questions raciales. C’est là où ils sont incohérents et ils s’en rendent compte parfois. Ceux-là ne viendront pas manifester devant chez vous si vous ne faites pas dans le prosélytisme. Soyons 95 % paysans, 5% politique. »

    « SI le projet est bien amené, bien présenté sans provocations (et il n’y a pas de raisons qu’il y en aient) les gauchistes ou autre nuisibles n’y verront que du feu. »

    « Mais bon, si l’on n’arrivent pas avec nos gros sabots, je ne vois pas de crainte. Il suffira d’employer les arguments simples de “développement durable”, “mise en valeur du patrimoine local”, très en vogue actuellement. Et surtout être discrets sur nos buts et notre philosophie. Il nous faudra mettre en avant notre côté “écolo-développement-durable” (bien à la mode) sans pour autant verser dans l’idéologie qui la sous-tend actuellement,… »

    Plusieurs endroits sont depuis plus d’un an en cours d’infiltration par cette secte. Nous allons ici nous contenter de donner quelques indications :

    - Sur le blog (http://tourdeurope.over-blog.com) tenu par Fanny TRUILHE et Mathilde GIBELIN, on peut constater que des écoles primaires tombent dans le piège et offrent une tribune de choix auprès de jeunes enfants, relayée par la Tribune et le Midi libre.

    - « La ferme du bout du monde » (http://lafermeduboutdumonde.fr) implantée à la Parrade 43850 Alleyras est elle aussi née d’un trip retour aux racines gauloises.

    - « Retours à la Terre » (http://retouralaterre.canalblog.com) se présente comme un projet de potager collectif situé à côté de Montluçon dans l’allier qui se définit lui-même comme ceci : “Notre démarche s’inscrit dans une logique comptant de plus en plus d’adeptes parmi les citadins : celle du “ré-enracinement”. Ce principe peut être “intérieur” (la redécouverte de ses racines), ou physique, par un retour à la terre (comme l’indique le nom de ce blog), l’un accompagnant l’autre le plus souvent.” Le lien avec l’AMAP du Bourbonnais affiché est à vérifier.

    - L’art des mêts (http://www.lartdesmets.eu) Sandrine Mesguich, La Cigogne 03210 Gipcy. Une boutique de graines qui propose également des stages. Identitaire et destinée aux cibles particulièrement en quête de spiritualité, elle propose par exemple de “s’élever en douceur vers la santé des trois corps : physique, mental et spirituel”. Particulièrement inquiétant…