Critique de la société industrielle et écologie radicale, de la nécessité d’un positionnement social et antifasciste !

Reprise, correction et mise à jour de publications initialement parues sur Indymedia Grenoble.

L’écologie, un thème de gauche ?

A l’heure où l’extrême droite fasciste opère un retour inquiétant et passe à l’offensive dans tous les milieux et sur tous les fronts, que ce soit la rue, le monde du travail, où encore la culture, peut-on encore laisser cette considération répandue qui voudrait comme une évidence que l’écologie soit une thématique de gauche ? A l’évidence non, et c’est pourquoi nous pensons que les mouvements luddites et écologistes radicaux auxquels nous considérons appartenir doivent réaffirmer des positions claires en ce qui concerne la lutte des classes et particulièrement l’antifascisme. La proximité entre extrême-droite et écologie où refus du progrès ne tiennent pas du simple opportunisme mais ont toujours existé.

Alors que d’importantes luttes sont menées actuellement (no-TAV, ZAD, anti-THT…) nous devons plus que jamais rester vigilants, (re)connaître notre ennemi et être en mesure de lui apporter une réponse déterminée, tant sur le plan idéologique que physique, et c’est ce que les prochains articles se donnent pour objectif.

Origine des liens entre extrême-droite fasciste et écologie. Les mouvements Volkish de la fin du XIXème siècle & La révolution conservatrice allemande.

Les premières théories s’approchant de ce que l’on pourrait appeler l’éco-fascisme se font jour en Allemagne dans la première moitié du XIXème siècle sous la plume d’Ernst Moritz Arnd, qui prône l’amour de la nature combinée au nationalisme, puis Wilhelm Heinrich Riehl qui y ajoute le romantisme du retour à la terre. A la même époque le mot « écologie » sera inventé par le zoologue réactionnaire et anti-humaniste allemand Ernst Haeckel, référence à l’époque pour les partisans du darwinisme social, du racisme et de l’antisémitisme.

A la fin du XIXème siècle en Allemagne le romantisme politique (courant très conservateur influencé par Nietzsche dans son pessimisme anti-moderne) s’opposait à la modernité qu’il voyait comme source de la décadence de la société. Il sera tout d’abord théorisé par Paul Lagarde et Theodor Fritsch (qui dirigera plus tard des mouvements néo-païens d’influence nationale). Il va se développer à l’époque tout un tas de pratiques alternatives allant du végétarisme au naturisme en passant par les médecines douces et les premières revendications écologistes vont apparaître. Mais toutes ces expériences alternatives ne sont pas exclusivement le fait de libertaires disciples de Kropotkine ou d’Elisée Reclus, loin de là.

A cette époque et dans ces milieux va émerger le courant néo-paganiste et pangermanique Volkish, c’est ce courant profondément raciste qui placera l’aryen au sommet d’une hiérarchie qu’il aura établie entre les peuples et qui absorbera une bonne partie des milieux antisémites de la fin du XIXème siècle et du début du XXème. Les Volkischer vont développer une vision complètement mystifiée de l’histoire et imaginer de nouvelles formes de cultes où la nature est centrale, des communautés d’hommes proches de cette dernière et librement soumis à d’autres, prétendus plus forts par nature. Le mouvement Volkische sera défini par Peter Staudenmaier par ailleurs écologiste social comme un « populisme ethnocentrique avec un mysticisme de la nature ».

A partir de 1918, en opposition à la république de Weimar, l’Allemagne va se trouver confrontée à la révolution conservatrice qui la mena au nazisme, avec lequel nombre de ses acteurs comme Martin Heidegger ou Carl Schmitt vont collaborer. Une nouvelle fois on assiste à l’émergence d’une véritable contre-culture appelée Wandervögel majoritairement de droite et notamment influencée par Heiddeger.

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Au sein de la révolution conservatrice allemande se retrouvent les néo-conservateurs (Ernst Junger), les nationaux-bolchéviques (Ernst Niekisch) et les Volkischer… Le courant Volkisch va profiter des évènements (défaite de l’Allemagne, proclamation d’une république, forte agitation émanant des spartakistes…) pour opérer son retour, rejoint notamment par des personnalités de premier plan.

Dans son article de 2007 « Terre & Peuple :: Quand les Gaulois sont dans la peine… » la revue antifasciste REFLEXes évoque longuement ce courant :

« De tous les courants de la « révolution conservatrice » allemande, le courant volkisch est sans doute le plus ancien puisqu’il émerge dès la fin du XIXème siècle. À l’époque, ses centres d’intérêt reflètent une bonne part des orientations culturelles de cette période : approche « scientifique » des origines guidée par l’esprit positiviste et l’élan romantique du mouvement des nationalités ; effervescence « spiritualiste » née de la crise de l’identité religieuse traditionnelle, en l’occurrence le christianisme. Ces deux voies convergent chez les « Völkischen » dans la défense du « peuple » conçu non comme masse mais comme identité, à la fois biologique et spirituelle. Le courant völkisch est donc foncièrement tourné vers le passé sans pour autant être réellement réactionnaire puisqu’il ne cherche pas à revenir à une époque révolue mais à se rattacher à ce qu’il considère être la plus lointaine origine. Un des fondements intellectuels de ce courant est alors Herman Wirth, philologue de la première moitié du XIXème siècle, qui, dans L’aube de l’humanité (1828), entendait reconstruire l’histoire de la religion, du symbolisme et des écrits d’une « race nordico-atlantique » primordiale, dont il faisait remonter les origines au paleolithique. Wirth situait le berceau originel de cette race dans la région correspondant à l’actuelle Arctique et la décrivait comme porteuse d’une culture cosmico-symbolique dont le thème central serait l’année solaire comme expression d’une loi universelle de renouvellement, cycle dans lequel le solstice d’hiver aurait revêtu une importance particulière.

Dans cette recherche des origines, le monde indo-européen (terme qui finit par l’emporter sur « indo-aryen ») est au centre des préoccupations. Découverte par les linguistes à la fin du XIXème siècle, « l’indo-européanité » identifiée comme noyau originel de la civilisation européenne donna un socle scientifique plus solide au courant völkisch. Ce dernier s’intéressa immédiatement au groupe germanique des peuples indo-européens, considéré comme le moins dénaturé et le plus proche des caractéristiques originelles. Reprenant des arguments développés par Arthur de Gobineau, deux philologues vont imposer leurs idées dans le courant völkisch : Hans F.K. Günther et Ludwig Ferdinand Clauss. Si Günther est célèbre, Clauss l’est un peu moins en raison d’une approche ethnique assez éloignée du racisme « suprémaciste » d’essence coloniale fort en vogue à l’époque. Il considérait en effet que chaque homme est porteur d’un « style » caractéristique de l’âme du groupe ethnique auquel il appartient, style fondamentalement distinct des caractères purement individuels : « chaque race possède en elle-même le criterium de ses valeurs les plus hautes et il n’existe pas de mesure commune qui puisse permettre de la comparer à une autre ».

Parallèlement à cette quête « raciale », le courant völkisch développe tout un intérêt pour l’occultisme, en particulier en Allemagne du Sud et en Autriche, terres catholiques s’il en est. La principale conséquence de cet intérêt fut la création de petites sectes occultistes et surtout un intérêt appuyé pour les runes, ancien alphabet nordique dont les vertus divinatoires supposées ne pouvaient que les attirer. De ces catholiques autrichiens apostats est venu également un antisémitisme typiquement lié à leur origine et conjugué sur le mode classique du conspirationnisme. D’autres tendances du mouvement désirèrent cependant simplement refonder une religion purement allemande. Certains optèrent pour la thèse fantaisiste du « Christ aryen » développée par Houston Stewart Chamberlain dans ses Fondements du XIXe siècle publié en 1899. Luther était à leurs yeux l’émancipateur de l’âme allemande, désormais libérée du carcan méditerranéen et despotique de Rome. Ils prétendaient achever la Réforme en purgeant le christianisme de son contenu spirituel sémitique. L’absurdité théorique et l’impossibilité pratique d’un tel projet n’échappèrent cependant pas aux plus lucides qui se tournèrent alors vers le paganisme nordique ou vers une « religiosité indo-européenne » plus large.

Cette quête des racines de « l’âme allemande » amène les « Völkischen » à porter une attention particulière aux traditions populaires (fêtes, folklore, coutumes) où, sous le vernis chrétien, se perpétuent des éléments beaucoup plus anciens, d’origine païenne. Dans le même esprit, ils accordent une grande importance au paysage et leur position est celle d’une écologie intégrale avant même que cette notion ne connaisse la popularité qui est la sienne à partir des années 1960. Défenseur de « l’art du terroir », ils créent ainsi un mode de vie alternatif relativement hors norme pour l’époque. Enfin, très attachés aux vertus privées du lignage et aux identités locales, les « Völkischen » ont relativement peu théorisé sur ce qui leur semblerait l’État idéal, la majorité se retrouvant dans la conception de l’empire germanique avec ses libertés locales. »

L’écologie et le National-Socialisme

Le IIIème Reich et l’idéologie national-socialiste sont les héritiers directs de la « révolution conservatrice » allemande et particulièrement des Volkischer. Le journal de Munich, le Münchener Beobachter, qui fût offert au Volkischer munichois par Rudolf Freiherr von Sebotendorff (grand lecteur du Protocole des sage de Sion et chef de la société de Thulé dont étaient membres bon nombre de dignitaires nazis) devint ainsi plus tard l’organe officiel du NSDAP et s’appelera le Volkischer Beobachter.

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Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce fait étant rarement mis en avant, l’écologie occupait une place centrale chez les nazis qui étaient pour beaucoup sur ce point de véritables intégristes. Ainsi sous le IIIème Reich l’agriculture biologique était favorisée et c’est en Allemagne que fut crée la première réserve naturelle d’Europe.

Une étude sur le sujet écrite par deux écologistes sociaux Janet Biehl et Peter Staudenmaier existe, intitulée « Ecofascism : lessons from the German experience ». Staudenmaier conclura son analyse de la manière suivante :

« Pour rendre cette consternante et dérangeante analyse plus acceptable, il est tentant d’en tirer exactement les mauvaises conclusions : à savoir, que même les engagements politiques les plus répréhensibles produisent parfois des effets louables. Mais la vraie leçon est exactement inverse : même la plus louable des causes peut être pervertie et instrumentalisée pour être mise au service de la sauvagerie criminelle. « L’aile verte » du NSDAP n’était pas un groupe d’idéalistes innocents, désorientés et manipulés, ni même des réformateurs de l’intérieur : ils étaient des promoteurs et des exécutants conscients d’un programme infâme ouvertement dédié à une violence raciste inhumaine, à une répression politique massive et à une domination militaire mondiale »

Terre & Peuple, les héritiers des Volkischer

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Le principal animateur de la revue Terre & Peuple aujourd’hui n’est plus à présenter, il s’agit de l’une des figures de l’extrême droite française, Pierre Vial qui gère également en Rhône-Alpes le groupe Europe-Identité et dont la revue antifasciste REFLEXes, toujours dans son article de 2007 « Terre & Peuple :: Quand les Gaulois sont dans la peine… », fait un rappel biographique :

« Né en décembre 1942, il s’engage très tôt dans la mouvance nationaliste en rejoignant Jeune Nation en 1958. Le parti étant dissous pour son engagement en faveur de l’Algérie Française, Vial adhère à la Fédération des Étudiants Nationalistes au début des années 1960 et participe à la fondation d’Europe-Action qui en est partiellement issue. Comme beaucoup d’autres, il suit ensuite le parcours classique du militant nationaliste : Mouvement Nationaliste de Progrès (MNP) en 1966 puis Rassemblement Européen de la Liberté (REL) en 1967. Mais il devient une figure importante de la droite radicale en cofondant le GRECE au printemps 1968 et en y prenant la responsabilité de la commission Histoire l’année suivante. Animateur des structures lyonnaises du Groupement, il en est surtout le secrétaire général de 1978 à 1984 ainsi que le directeur de certaines des publications : Éléments, Études et Recherches. Il devient également conseiller culturel de l’association Domus lors de sa fondation le 4 novembre 1973. Celle-ci est la structure qui gère la Domus Europa, propriété détenue par l’association à Ventabren (13) et qui aujourd’hui encore est animée par l’un de ses fondateurs au parcours quasi-identique à celui de Pierre Vial : Maurice Rollet. La montée en puissance du FN, en particulier son accession à l’Assemblée Nationale et, parallèlement, l’affaiblissement du GRECE miné par l’absence de perspectives et les querelles internes poussent certains des cadres de l’organisation à rejoindre la structure frontistes à partir de 1987-1988, semblant ainsi tourner le dos à la stratégie métapolitique qui était au cœur de la démarche néo-droitiste. En 1990, Pierre Vial entre au Comité Central du FN et entame un parcours classique de cadre politique : élections locales et législatives à Villeurbanne et en Rhône-Alpes, formation et conférences, participation aux publications, sans oublier les extra comme une intervention au meeting de soutien à la Croatie libre organisé par Alain Sanders le 7 février 1994 et soutenu par le GUD. La crise de 1998 le voit participer à la fronde mégretiste, sans doute à la fois par hostilité à certains courants frontistes (« marinistes », catholiques nationaux de Bernard Antony, partisans de Bruno Gollnisch) et par affinité avec la radicalité politique d’une partie des partisans de Bruno Mégret. La scission est d’ailleurs très violente en Rhône-Alpes où le FN est investi dans certaines sociétés comme la SARL Telegone et la SCI Liberté. Vial devient immédiatement un des dirigeants du FN-Mouvement National, futur MNR, en prenant la responsabilité du secrétariat national aux milieux populaires et au social dans l’organigramme du parti présenté par B.Mégret le 10 novembre 1999. Mais l’absence de perspectives du MNR et l’évolution politique du parti le mettent rapidement en porte-à-faux avec Bruno Mégret et il est officiellement exclu du MNR le 14 octobre 2001 pour avoir critiqué les positions proaméricaines de B. Mégret, suite aux attentats du 11 septembre que les proches de Vial ne se cachent pas d’avoir fêtés. Il fonde alors le groupe Europe-Identité au conseil régional Rhône-Alpes avec la poignée de conseillers MNR l’ayant suivi. Ce groupe, à défaut de peser dans les décisions régionales, s’avérera fort utile à Terre & Peuple puisque cela permettra à l’association d’envoyer son courrier aux frais du contribuable sous couvert de celui d’Europe-Identité. Il en sera de même des autres facilités offertes par les mandats régionaux (au même titre que les autres groupes politiques), en particulier en termes de frais de déplacements. Europe-Identité fera d’ailleurs des « boutures » en Champagne-Ardenne et en Midi-Pyrénées. »

Il est étonnant de constater que le parcours politique de Pierre Vial bien qu’ayant commencé bien avant, comporte bien des similitudes (passage à Nouvelle-Résistance et au MNR, passage au FN, soutien aux nationalistes Croates) avec ceux d’autres fascistes de première importance, notamment grenoblois comme André-Yves Beck ou Jean-Marc Vivenza.

Terre & Peuple s’impose au sein de l’extrême-droite comme l’héritière de la pensée des Volkischer, on y retrouve énormément de thèmes propres au Volkisch : histoire revisitée, paganisme, enracinement… Elle compte (toujours d’après l’article de REFLEXes) autour de 1000 adhérents en France, sa table ronde annuelle réunit entre 400 et 500 personnes et son noyau (ceux présents aux assemblées communautaires par exemple) entre 50 et 60 personnes.

L’écologie politique d’extrême-droite aujourd’hui en France Goldsmith, Waechter, De Benoist, Ozon et Cie

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En 1993 Robert Steuckers quitte le GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne) après y avoir été le bras droit depuis 1981 d’Alain de Benoist. Il fonde Synergie-Européenne, réseau européen appartenant à la Nouvelle-Droite. Synergie Européenne qui compte dans ses rangs des individus comme le grenoblois Jean-Marc Vivenza où les groupes écofascistes allemands Unabhängigen ökologen Deutschlands et Arbeitskreis Grüne Trommel de Hambourg. Synergie Européenne a des sections en France, en Belgique, au Portugal, en Russie, en Autriche, en Latvie, en Lituanie, en Yougoslavie, en Italie et en Allemagne.

En 1994, Antoine Waechter est une figure de l’écologie. Dans les années 70 il a été secrétaire général de la Fédération Alsace de l’Association régionale pour la protection de la Nature, compte parmi les fondateurs de Écologie et Survie, fait partie du Mouvement d’Ecologie Politique. Il est l’un des porte-paroles nationaux des Verts à partir de leur fondation en 1984, candidat à la présidentielle de 1988 il devient conseiller municipal de Mulhouse puis député européen et conseiller régional d’Alsace.

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Cette année 1994 il quitte les Verts pour fonder le Mouvement Ecologiste Indépendant. « Indépendant » car défendant une vision « ni gauche ni droite » de l’écologie. Un slogan qui porte à confusion et que les fascistes de tout poil adorent. On se rappellera Jacques Doriot, ancien communiste devenu fasciste et collaborateur « Ni droite ni gauche, en avant ! » et on ne pourra que faire le rapprochement avec le « Gauche, droite. Marxisme et capi­ta­lisme divi­sent. » de Terre & Peuple ou bien encore plus récemment, « Droite des valeurs. Gauche du travail » d’Egalité et Reconciliation, « Ni droite, ni gauche. Identitaire ! » des identitaires ou bien ceux de Troisième-Voie.

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Un an plus tard, Nouvelle-Ecologie est fondée en 1995 par Laurent Ozon (spécialiste au sein de la Nouvelle-Droite des questions environnementales et du localisme) c’est la branche écologie du GRECE. Nouvelle-Ecologie publie la revue Recours aux Forêts. Laurent Ozon est aussi le fondateur de l’organisation écologiste Wildniss Club. Le recours aux Forêts et le Wildniss Club appartiennent au courant actuel de l’écologie profonde et sont liés au mouvement écologiste américain Earth First ! Sur lequel nous reviendrons plus tard.

De nos jours, Laurent Ozon est à la tête de « Maison commune ».

Les liens même indirects existent dès le départ entre Waetcher et l’éco-fascisme. En 1998 après avoir obtenu deux élus aux élections régionales Waetcher et son MEI se rapprochent d’Edward Teddy Goldsmith fondateur en 1969 de la revue The Ecologist dont il est le propriétaire et le rédacteur en chef.

Edward Goldsmith, mort en 2009 était connu pour être un activiste environnementaliste au service de la Nouvelle-Droite et dont le frère, James, avait racheté l’hebdomadaire (anticommuniste) l’Express avant de le revendre en 1987 et a financé la fondation du MPF de Philippe de Villiers à hauteur de 3,5 millions de dollars. Goldsmith fréquente depuis longtemps le GRECE dont le dirigeant, Alain de Benoist, compte parmi ses amis et pour qui il finira par donner une première conférence en 1994. Le milliardaire Edward Goldsmith sponsorise à travers toute l’Europe une vision de l’écologie totalitaire et fasciste comme celle du GRECE mais aussi de Synergie Européenne.

En 1999 Antoine Waechter participe (à l’instar de Goldsmith ainsi qu’Alain de Benoist, François Terrasson et Serge Latouche l’année précedente) au colloque de Nouvelle-Ecologie dont le leader, Laurent Ozon qui ne veut pas que l’on s’en prenne à la nature et prétend la protéger, reste quoiqu’il arrive un fasciste et un flic. il est d’ailleurs le fondateur (en 2001) et le PDG de Storvision (figurant parmi les leaders du secteur de la vidéosécurité).

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Jean Robin, soutien de Daniel Cohn Bendit en 1999, démissionne des Verts en 2004. Il est, depuis sa démission régulièrement intervenu sur les ondes de Radio Courtoisie et a crée en 2006 les Editions Tatamis (destinée à éditer des ouvrages politiquement incorrect), il a fait campagne pour Dupont-Aignan l’année suivante (2007) après avoir quitté égalité et réconciliation d’Alain Soral pour cause de « différend commercial ». Tatamis sera l’éditeur de Susan Georges et de Frédéric Vialle d’ATTAC mais également celui d’Oscar Freysinger.

Plus récemment, Laurent Ozon a donc fondé en 2008 La Maison Commune renforçant les liens existants déjà avec Serge Latouche et le MAUSS et devient le compagnon de route des identitaires en participant à la convention d’octobre 2009 où le Bloc Identitaire se transformera officiellement en parti.

En 2010 le site d’extrême-droite, Enquète & Débat (concurent de FdeSouche) est lancé par Jean Robin. En 2011 avec l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du Front National, Laurent Ozon est directement placé par cette dernière au bureau politique du parti pour s’y occuper de l’Ecologie. Cependant les divergences étant trop forte, Laurent Ozon quitte le FN sept mois plus tard. Par ailleurs il faut mentionner que pour sa campagne présidentiel de 2012 le FN avait doté son programme d’un volet écologique.

A la peur de l’immigré et aux tentations de repli communautaire s’ajoutent la tendance à un retour à l’ordre moral conservateur. Nous vivons dans une société malade et les charlatans ne manquent pas…

Si les technocrates utilisent les moyens technologiques pour renforcer un système de domination de l’Homme sur l’Homme, on assiste également sur le plan spirituel et moral à un retour en force du religieux et du conservatisme. Les systèmes fascistes ont su par le passé allier la domination par la contrainte physique (la discipline des corps poussée à son paroxysme), à travers différents systèmes de coercition technico-militaro-policier, et la domination par la contrainte psychologique, basée sur l’aliénation des masses à travers l’endoctrinement religieux ou patriotique, la hiérarchisation de la société et la sanctification du pouvoir. Cela se voit sur différents plans. La surmédiatisation des faits-divers glauques, et des effets d’annonce contribuent à renforcer l’idée d’une société hostile, et, en opposition, d’un état protecteur. Les mesures de surveillance, la criminalisation de toute opposition efficiente au pouvoir, l’alourdissement des peines n’est plus imposée mais réclamée par une frange de la société abrutie. Si le phénomène touche comme on pouvait s’y attendre les franges bourgeoises et vieillissantes de la société, il touche également les jeunes et certains désespérés en quête de sens ou de spiritualité.

L’organisation verticale des rapports sociaux et l’emprise croissante de la marchandise dans ces derniers aboutissent de manière logique à une société de contrôle consentie. La déshumanisation dont font l’objet les individus réduits à l’état de marchandises, et qui perdent peu à peu le contrôle sur leur vie et l’espace dans lequel ils évoluent, les dispose tout entier à accepter le totalitarisme marchand et l’abandon de leur vie à ce dernier. A travers l’illusion du bonheur matérialiste le mensonge capitaliste perdure et s’amplifie. Et quand bien même la mondialisation capitaliste et la financiarisation ont mené à la pire crise économique de l’histoire, cette dernière ne fait que jeter dans les bras du nationalisme et de la réaction les classes populaires.

« L’antisémitisme comme mouvement national a toujours été ce que ces instigateurs aimaient reprocher au sociaux démocrates : le nivellement. Ceux qui n’ont aucun pouvoir pour commander ne doivent pas vivre dans des conditions meilleures que celles du peuple. Tous les suivistes avides ont au fond toujours su qu’ils n’y gagneraient rien sinon la joie de constater que les autres n’en ont pas d’avantage » Horkheimer & Adorno, La dialectique de la Raison

Cette citation sur l’antisémitisme s’applique aussi bien aux formes de racisme d’Etat que l’on a vu se mettre en place ces dernières années. La différenciation et la mise en concurrence des individus sur des critères absurdes, en lieu et place de l’analyse des rapports de domination sape jour après jour les efforts du mouvement social et laisse en revanche la part belle aux théories différentialistes.

Il semble que le nombre des personnes à même d’avoir conscience de la nécessité de la lutte des classes ne cesse de décliner.

Les médias marchands, largement dominants par leur nombre et leur moyens financiers, cèdent peu à peu à la facilité, laissant de côté l’analyse de fond et la recherche de la création artistique au profit d’un traitement spectaculaire de l’information et la promotion d’une culture de supermarché, recyclable à l’envie. Cette culture de l’instantané et de l’éphémère se retrouve désormais dans les politiques d’éducation et de recherche. A l’école, l’acquisition de savoirs automatique est privilégiée au détriment de la réflexion personnelle, la réduction du nombre de professeurs, les classes surchargées, et la négation de l’enfant en tant qu’individu à part entière avec ses envies propres, contribuent à une perte de repères des jeunes générations et de la pertinence de leur bagage culturel et scientifique. Les alternatives ne manquent pourtant pas, mais on leur préfère une vision autoritaire et uniformisante de l’enseignement. Dans la recherche, les crédits sont désormais orientés vers des technologies rentables à court terme, en particuliers celles liées au contrôle des populations, que ce soit dans son volet techno-policier, ou socio-économique.

« Le totalitarisme… découle d’un système de production et de distribution parfaitement compatible avec un puralisme de partis, de journaux, avec la séparation des pouvoirs. » Marcuse L’homme unidimensionnel

Le dangereux retour à la spiritualité où comment se crée potentiellement un contexte et des mentalités propices.

Que ce soit en un Dieu bienfaisant, en la main invisible du marché et les vertus du progrès, ou même en la révolution, la croyance rassure non seulement le croyant, mais aussi le pouvoir qui détient alors un outil de contrôle formidable.

« Les hasards et les chances imprévus de fortune qui prédisposent les bourgeois aux idées superstitieuses n’existent pas pour le prolétaire ; et l’idée de Dieu ne peut apparaître dans le cerveau humain, que si sa venue est préparée par des idées superstitieuses de n’importe quelle origine. » Paul Lafargue Le déterminisme économique de Karl Marx

Il n’est guère étonnant dans ce contexte de crise culturelle et économique, de voir resurgir des théories obscurantistes. A mesure que l’analyse rationnelle recule, les théories mystiques et religieuses opèrent un retour pour le moins inquiétant. Elles concernent tout les milieux et s’invitent dans tous les aspects de la vie. Elles participent à la confusion générale et profitent à de nombreuses dérives, des théories créationnistes aux sectes new-age, l’éventail des fausses réponses, des discours confusionnistes et des mensonges rassurants est immense.

De plus en plus d’individus se détournent en partie ou complètement de la lutte politique opposant les opprimés à leurs oppresseurs, de la pensée révolutionnaire et des pratiques émancipatrices du mouvement social pour chercher ailleurs des « solutions ». Ainsi progresse partout cette idée qui veut que quelque soit ses opinions (comprendre par là : dans quel camp il se place dans la guerre sociale) l’individu aurait besoin de « spiritualité ».

« Le monde aliéné apparaît […] comme le seul possible ; cela suscite la transfiguration, la résignation, et la recherche d’un chemin menant à la « vie » par l’expérience mystique irrationnelle, laquelle ne peut évidemment rien changer à l’essence de cette situation de fait. Ces attitudes qui expriment plus l’écrasement de l’individu face au monde sont inévitables à partir du moment où l’on renonce à toute praxis possible… » (propos sur les écologistes issus des classes moyennes, extraits de la brochure Anonyme « Les mythes décisifs. Aux écoeurés de Malville »)

Les initiatives de l’extrême-droite identitaire en France sur fond de retour à la terre.

A l’extrême-droite le courant identitaire est sans aucun doute pour la dernière décennie, celui qui a pris le plus d’initiatives concrètes dans tous les domaines. Suivant sa méthode basée sur la métapolitique, il se sont employés sans relâche a investir tout les terrains et notamment ceux abandonnés par le FN et a occuper un maximum d’espace.

« La métapolitique est une conception idéologique et une pratique politique qui vise à s’inscrire dans les rapports de force sociaux et économiques en déployant des concepts au niveau culturel pour influencer la sphère politique et y faire progresser ses idées. Il s’agit de considérer que la vision que la société porte sur elle même doit être modifiée préalablement à une tentative de changement de société. Vision politique adaptée au contexte social actuel, la métapolitique est une des formes d’action politique. » (Source : « Métapolitique et stratégies des droites radicales »).

Cela va par exemple de l’ouverture de locaux aux allures de centres sociaux et culturels et à l’occupation de certains quartiers dans les grandes villes, à des démarches de retour à la terre… On a déjà vu que l’écologie faisait partie intégrante de l’extrême droite. On ne citera pas toutes les revues, les petites maisons d’édition, les ateliers artisanaux, boutiques d’artisanat enracinés. Le plus grand des succés des identitaires restant néamoins l’ouverture de ses Maisons de l’Identité, inspiré par les Casapound, centres sociaux fascistes qui fleurissent dans toute l’Italie. Aujourd’hui elles sont au nombre de huit (« La Barricade » à Paris, la « Vlaams Huis » à Lille, « La maison de l’Artois » dans le Nord-Pas-de-Calais, « Lou Bastioun » à Nice, « La Traboule » à Lyon, « Ti-breizh » dans le Finistère, « l’Echoppe » à Bordeaux et « l’Oustal » à Toulouse). Sur le mouvement Casapound en Italie qui a inspiré ces locaux on peut lire la brochure « Sortir des égouts : de l’égémonie culturelle de droite au fascistes du troisième millénaire » éditée par Tatanka, et voir le documentaire d’Arte « Casa Pound une maison occupée par l’extrême droite »)

Mais la plus inquiétante des initiatives identitaires reste La Desouchière. Une bière artisanale. En se penchant un peu sur ce cas particulier on se rend compte qu’il s’agit d’individus issus de la mouvance identitaire qui ont racheté des bâtiments et crée une SCI dans une petite commune. Le but étant d’installer une véritable colonie d’individus. La méthode est à peu près la même que pour certaines maisons de l’identité, un blog l’analysait déjà il y a un an :

« Attirer des gens vers des communautés fermées, isolées, et animées par un concept ésotériquo-spirituo identitaire fumeux, puis organiser le tout financièrement pour qu’il essaime, je ne pense pas être le seul à voir là dedans une dérive sectaire. »

Olivier Bonnet, fondateur de La Desouchière est intervenu à la 3ème Journée Nationale et Identitaire organisée à l’occasion du 3ème anniversaire de la revue Synthèse Nationale ainsi qu’à la 11éme Rencontre des Identitaires de Coloma organisée par Terre & Peuple-Wallonie pour parler de « la ré-appropriation par la culture locale, par les habitudes alimentaires locales, par les randonnées locales, par les traditions vestimentaires, les fêtes, les rites, les lieux sacrés locaux, l’économie équitable, le mouvement coopératif, le micro-capitalisme, la permaculture biologique, les activités éducatives et sportives locales, etc ».

Message du fondateur de la desouchiere en octobre 2008 :

« Le but Il doit être fixé de manière claire de façon à ce que chacun en soit bien conscient avant de s’engager de la façon qui lui convient. Cependant, il faut demeurer relativement évasif dans les documents officiels (statuts des sociétés et associations éventuelles), de manière à ne pas prêter le flanc à la critique de nos adversaires, ni éveiller les soupçons des autorités du lieu finalement choisi. Si une SCI doit acheter des maisons, des terrains, des appartements, elle doit pouvoir le faire tout naturellement, sans tapage inutile. c’est la partie la pus délicate du démarrage. une fois des biens immobiliers acquis, il devient quasiment impossible de s’opposer à l’arrivée de nouveaux habitants dans la commune »

« Je ne détaillerai pas ici et maintenant les méthodes qui permettent de limiter les risques mais il me semble par exemple qu’il vaudrait mieux éviter de débarquer dans un coin étendard au vent. L’implantation ne doit pas être avant tout politique, à mon sens le but premier doit être de s’intégrer et de se faire accepter, apprécier, des habitants du cru, en adoptant un comportement exemplaire. »

« Il serait judicieux de choisir une commune peu peuplée afin de pouvoir assez rapidement placer un maire souchien. Si nous sommes suffisamment nombreux nous pourrons mécaniquement gagner les municipales. Une liste dite apolitique simplement souchienne. »

« C’est même réalisable au niveau d’un canton pour peu que le projet prenne de l’ampleur »

« L’arrivé dans une mairie ou au moins dans les conseils municipaux pour debuter (avec menagement de la population de souche -la vrai- lol) est en effet indispensable mais doit se faire delicatement (que l’on est pas l’impression de debarquer et vouloir prendre le pouvoir) dans le cas contraire on ne se distinguerai pas beaucoup des migrateurs allogènes. Il faut avant avoir mené de bonnes actions, des rehabilitations et acquis la confiance des gens. Mais en effet, l’entrisme dans les listes municipales offrira beaucoup d’autres perspectives. »

« il faut donc s’installer dans une commune déjà existante et réussir à y placer notre maire. Le contrôle de la mairie nous permettra de contrôler les permis de construire et en conséquence, de contrôler l’accroissement, la rigueur des construction, le bon emploi des fonds publics et la tenue de l’école. »

« Imaginez donc une commune en voie de désertification, avec 100 électeurs inscrits (car c’est ainsi dans les campagnes, il y a toujours plus d’électeurs inscrits que d’habitants à l’année, enfants compris) et 10 nouveaux arrivants, qui sont 30 au bout de 18 mois et plus de 50 en 3 ans : ils prennent ensuite la mairie avec leur liste entière (11 élus, donc le maire plus l’ensemble du conseil municipal) sans problème. »

« Il y a déjà des camarades qui ont franchis le cap du retour à la terre. Vu le peu d’entre-nous qui ont eu le courage de passer à l’acte (moi compris), ils sont amenés à avoir des échanges (de produits, d’animaux et de services) avec les gauches sans que ses derniers les soupçonnent en rien. Et même parfois, s’ils ont un soupçon, le fait de partager la même vie, le respect s’installe. Il suffit de ne pas faire de prosélytisme et d’avoir un peu d’humour. Les gauches, eux, sont bien plus nombreux que nous à être redevenus paysans et dans ce domaine ils sont bien plus cohérents que nous. »

« Et je répète, pour les gauches il n’y a pas de soucis à ce faire. Ceux des ville, les plus pourris, ne viennent pas à la campagne. Et vous seriez surpris de voir que les gauches de la campagne ont bien des points communs avec nous. Sauf pour les questions raciales. C’est là où ils sont incohérents et ils s’en rendent compte parfois. Ceux-là ne viendront pas manifester devant chez vous si vous ne faites pas dans le prosélytisme. Soyons 95 % paysans, 5% politique. »

« SI le projet est bien amené, bien présenté sans provocations (et il n’y a pas de raisons qu’il y en aient) les gauchistes ou autre nuisibles n’y verront que du feu. »

« Mais bon, si l’on n’arrivent pas avec nos gros sabots, je ne vois pas de crainte. Il suffira d’employer les arguments simples de “développement durable”, “mise en valeur du patrimoine local”, très en vogue actuellement. Et surtout être discrets sur nos buts et notre philosophie. Il nous faudra mettre en avant notre côté “écolo-développement-durable” (bien à la mode) sans pour autant verser dans l’idéologie qui la sous-tend actuellement,… »

Plusieurs endroits sont depuis plus d’un an en cours d’infiltration par cette secte. Nous allons ici nous contenter de donner quelques indications :

- Sur le blog (http://tourdeurope.over-blog.com) tenu par Fanny TRUILHE et Mathilde GIBELIN, on peut constater que des écoles primaires tombent dans le piège et offrent une tribune de choix auprès de jeunes enfants, relayée par la Tribune et le Midi libre.

- « La ferme du bout du monde » (http://lafermeduboutdumonde.fr) implantée à la Parrade 43850 Alleyras est elle aussi née d’un trip retour aux racines gauloises.

- « Retours à la Terre » (http://retouralaterre.canalblog.com) se présente comme un projet de potager collectif situé à côté de Montluçon dans l’allier qui se définit lui-même comme ceci : “Notre démarche s’inscrit dans une logique comptant de plus en plus d’adeptes parmi les citadins : celle du “ré-enracinement”. Ce principe peut être “intérieur” (la redécouverte de ses racines), ou physique, par un retour à la terre (comme l’indique le nom de ce blog), l’un accompagnant l’autre le plus souvent.” Le lien avec l’AMAP du Bourbonnais affiché est à vérifier.

- L’art des mêts (http://www.lartdesmets.eu) Sandrine Mesguich, La Cigogne 03210 Gipcy. Une boutique de graines qui propose également des stages. Identitaire et destinée aux cibles particulièrement en quête de spiritualité, elle propose par exemple de “s’élever en douceur vers la santé des trois corps : physique, mental et spirituel”. Particulièrement inquiétant…


6 Responses to Critique de la société industrielle et écologie radicale, de la nécessité d’un positionnement social et antifasciste !

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